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RDC : Léonard Zam Yav interpelle la Ministre de l’EPST sur les dérives du TENASOSP

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique

La mise en œuvre du Test National de Sélection et d’Orientation Scolaire et Professionnelle (TENASOSP) continue de susciter des controverses. Dans une lettre ouverte adressée à la Ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique (EPST), le conseiller en orientation scolaire et professionnelle Léonard Zam Yav dénonce une réforme « noble dans son essence, mais mal appliquée », qui risque de fragiliser encore davantage le système éducatif congolais.

Créé pour identifier les talents et aptitudes des élèves afin de les orienter vers des filières adaptées, le TENASOSP aurait perdu sa vocation pédagogique, selon Zam Yav.

« Au lieu d’un test d’orientation conforme aux normes éducatives, le TENASOSP a été transformé en un examen à caractère éliminatoire, sans réelle prise en compte des aptitudes de l’enfant ni de son contexte individuel », écrit-il.

Dans certaines provinces, notamment au Lualaba, des enfants sont déclarés échoués avec des moyennes supérieures à 56 %, ce qui choque les parents et démotive les élèves. Par ailleurs, les familles n’ont pas été suffisamment informées sur la portée de leurs choix en matière d’orientation, rendant le processus confus et inefficace.

Léonard Zam Yav souligne que le manque de conseillers en orientation scolaire et professionnelle qualifiés est l’un des facteurs majeurs du dysfonctionnement. Dans certains établissements, cette mission sensible a été confiée à des animateurs non formés, voire à des acteurs politiques, une dérive qu’il qualifie d’« inacceptable ».

« Le TENASOSP n’est pas un examen. Il doit orienter, découvrir, guider, classer l’individu selon ses aptitudes. L’orientation est un processus de valorisation des talents, pas une machine d’élimination », insiste-t-il.

L’orienteur dénonce également la coexistence de deux examens certificatifs dans le même cycle (ENAFEP et TENASOSP), une situation qu’il juge inutilement redondante et déstabilisatrice pour les élèves comme pour leurs familles.

Pour illustrer le danger de telles réformes mal pensées, il cite un proverbe souvent attribué à un penseur asiatique :

> « Pour déstabiliser une nation, il ne faut pas envoyer des chars ni des blindés, il suffit de détruire son système éducatif. Celui-ci finira par former des générations d’ignorants et de voyous. »

Il s’inquiète aussi du retard dans la remise des bulletins scolaires, ce qui, selon lui, accentue la perte de confiance des familles dans l’école publique.

Dans son interpellation, Léonard Zam Yav formule des recommandations concrètes :

Affecter des conseillers qualifiés dans tous les établissements ;
Dépolitiser la gestion de l’orientation scolaire en la confiant à des professionnels ;
Réévaluer profondément le TENASOSP pour qu’il redevienne un outil d’orientation et non d’exclusion ;
Mettre en place un mécanisme rigoureux de suivi et de contrôle de l’application de la réforme.

« Il est encore temps de corriger le tir. Votre leadership est vivement attendu pour redonner confiance à nos élèves, à leurs parents et à tous les acteurs du secteur éducatif », conclut-il.

Cette lettre ouverte, déjà partagée dans plusieurs cercles éducatifs, relance le débat sur la pertinence du TENASOSP et plus largement sur l’avenir de l’orientation scolaire en République démocratique du Congo. Alors que des voix s’élèvent de plus en plus contre ce système jugé inadapté, la réaction du ministère de l’EPST est attendue dans les jours à venir.

La Rédaction

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