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Sud-Kivu : les agriculteurs, éleveurs et pêcheurs déstabilisés par les perturbations des saisons

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique

Dans cette province de l’Est congolais, la nature ne répond plus aux mêmes repères. Les agriculteurs de Kalehe, près de Bukavu, regardent leurs champs avec inquiétude : sécheresses prolongées, pluies imprévisibles, vagues de chaleur inhabituelles… Les saisons, autrefois régulières, deviennent chaotiques, menaçant la production agricole et la vie quotidienne.

Depuis quelques années, les premières pluies arrivent avec retard, tombent de manière irrégulière, puis s’interrompent brutalement. À cela s’ajoute une hausse des températures qui affaiblit les cultures et réduit les rendements. Les événements climatiques extrêmes inondations, glissements de terrain ou sécheresses sévères se multiplient, bouleversant les calendriers agricoles et les habitudes des éleveurs et des pêcheurs.

> « Nous avons perdu nos récoltes de haricots et de maïs parce que la saison des pluies n’a pas suivi son cours habituel », confie un agriculteur de Kabare.

Ces perturbations sont principalement liées au changement climatique, qui modifie les régimes de précipitations et entraîne des températures plus élevées. La variabilité naturelle du climat joue aussi un rôle, mais dans une région déjà fragilisée par la déforestation et l’érosion des sols, ses effets sont amplifiés.

Pour les pêcheurs du lac Kivu, la reproduction des poissons est perturbée par la modification des cycles climatiques. Les éleveurs, eux, peinent à trouver des pâturages lorsque la sécheresse s’installe plus tôt que prévu.

Face à cette réalité, les communautés rurales tentent de s’adapter :

✅ Diversification des cultures en associant des variétés à cycle court et long pour réduire les risques de pertes totales.
✅ Meilleure gestion de l’eau collecte des eaux de pluie, irrigation locale et réhabilitation des sources naturelles.
✅ Pratiques agricoles durables reboisement, agroforesterie et lutte contre la déforestation pour restaurer les sols et réguler le microclimat.

Ces efforts sont encourageants, mais restent limités sans un accompagnement technique et financier des autorités provinciales et des partenaires au développement.

Dans une province où l’agriculture, la pêche et l’élevage constituent la principale source de revenus, ces changements représentent une menace directe pour la sécurité alimentaire. S’adapter aux nouvelles réalités climatiques n’est plus un choix mais une nécessité.

« Le climat n’est plus le même, il faut que nos pratiques changent aussi », résume un éleveur de Kalehe.

L’avenir des communautés rurales du Sud-Kivu dépendra de leur capacité et de celle des autorités à comprendre, anticiper et atténuer les effets de ces perturbations saisonnières de plus en plus imprévisibles.

La Rédaction

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