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Dans la ville de Goma, la gestion des déchets biodégradables s’impose aujourd’hui comme un enjeu environnemental et sanitaire de premier ordre, longtemps relégué au second plan des priorités urbaines. Avec une croissance démographique rapide, une urbanisation peu planifiée et une intensification des activités commerciales, les volumes de déchets organiques — issus des ménages, des marchés et de la restauration — ont connu une augmentation significative. Faute de systèmes efficaces de collecte, de tri et de valorisation, ces déchets s’accumulent dans les quartiers, les caniveaux et les espaces publics, contribuant à l’insalubrité et à la dégradation du cadre de vie. À cela s’ajoute l’absence d’une politique cohérente de gestion intégrée des déchets, aggravée par des moyens logistiques limités et une faible sensibilisation des populations. Cette situation crée un environnement propice à la prolifération des vecteurs de maladies, notamment dans les zones densément peuplées, où les déchets en décomposition deviennent des foyers d’infection et de pollution.
Une crise sanitaire et environnementale amplifiée par les failles structurelles urbaines
La mauvaise gestion des déchets biodégradables à Goma ne relève pas seulement d’un problème technique, mais d’un ensemble de défaillances structurelles. L’insuffisance d’infrastructures de collecte, le manque de coordination entre les acteurs publics et privés, ainsi que l’absence de mécanismes de tri à la source compromettent toute tentative de gestion durable. Les marchés urbains, principaux producteurs de déchets organiques, illustrent cette dérive : les résidus alimentaires y sont souvent abandonnés à ciel ouvert, entraînant des odeurs nauséabondes et une pollution accrue des sols et des eaux, notamment à proximité du lac Kivu. Par ailleurs, les pratiques informelles d’élimination, telles que le brûlage ou le dépôt sauvage, aggravent les émissions de gaz nocifs et contribuent aux risques sanitaires pour les populations locales. Cette réalité met en évidence un déficit de gouvernance environnementale, où les politiques publiques peinent à suivre le rythme des dynamiques urbaines.
Transformer les déchets en ressources : des solutions locales pour un avenir durable
Pourtant, derrière cette crise se cache un potentiel considérable de transformation écologique et économique. La valorisation des déchets biodégradables par le compostage, la production de biogaz ou encore leur utilisation dans l’agriculture urbaine constitue une piste concrète et adaptée au contexte de Goma. La mise en place de systèmes de tri à la source, combinée à des campagnes de sensibilisation communautaire, permettrait de réduire significativement les volumes de déchets non traités. Par ailleurs, le renforcement des partenariats entre les autorités locales, les organisations communautaires et les entrepreneurs verts pourrait favoriser l’émergence de filières de recyclage viables. L’introduction de politiques incitatives, telles que la tarification des déchets ou le soutien aux initiatives écologiques, renforcerait également l’efficacité du système. En définitive, la gestion des déchets biodégradables à Goma ne doit plus être perçue comme une contrainte, mais comme une opportunité stratégique pour améliorer la santé publique, préserver l’environnement et stimuler une économie circulaire locale.
La Rédaction
Goma face au défi silencieux des déchets biodégradables : entre urgence sanitaire, pression urbaine et opportunités écologiques inexploitées