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Ce que l’on ne voit pas dans le plastique peut être plus dangereux que ce que l’on en voit. En Côte d’Ivoire comme ailleurs, l’usage inconsidéré du plastique transforme nos gestes quotidiens en une exposition silencieuse aux substances susceptibles de menacer notre santé.
Le plastique est devenu si banal qu’il ne choque presque plus. Il enveloppe, transporte, conserve, chauffe et parfois même cuit nos aliments. Sur cette photo prise en Côte d’Ivoire, des épis de maïs bouillis sont directement en contact avec du plastique. Une scène ordinaire, presque anodine, mais qui devrait pourtant nous interpeller : à force de banaliser le plastique, sommes-nous en train de banaliser aussi le risque sanitaire ?

Car le plastique n’est pas seulement une affaire de déchets qui bouchent les caniveaux, étouffent les rivières ou défigurent les paysages. Lorsqu’il est exposé à la chaleur, au soleil ou utilisé de manière inappropriée avec les aliments, certaines substances peuvent migrer vers ceux-ci. L’exposition répétée à certains composants chimiques des plastiques fait l’objet de préoccupations sanitaires et scientifiques. Ce que nous jetons dans la nature peut finir par revenir dans notre assiette.
Le véritable scandale est peut-être là : nous avons longtemps présenté la crise du plastique comme un problème environnemental, alors qu’elle est aussi une question de santé publique. Les enfants, les femmes enceintes, les travailleurs et les communautés les plus exposées ne devraient pas être condamnés à subir les conséquences d’un modèle de consommation fondé sur le « tout plastique ». La commodité de quelques minutes ne saurait justifier une facture sanitaire qui pourrait se payer pendant des années.
Il est donc temps de sortir de l’indifférence. Réduire le plastique à usage unique, mieux encadrer son contact avec les aliments, renforcer l’information des citoyens et promouvoir des alternatives sûres ne sont plus de simples gestes écologiques : ce sont des actes de prévention sanitaire. La lutte contre le plastique ne consiste pas seulement à sauver nos rivières et nos océans ; elle consiste aussi à protéger nos corps.
À l’heure où s’achève la campagne contre la crise sanitaire du plastique, le webinaire « Plastique et santé : comprendre les impacts sanitaires de notre exposition quotidienne », avec Nyebone Faustin, Directeur Exécutif National de AICED et Point Focal de la Francophonie Zéro Plastique au Congo, vient rappeler une évidence que nous préférons trop souvent ignorer : la pollution que nous tolérons autour de nous peut devenir l’exposition que nous portons en nous. La bataille contre le plastique doit donc désormais se mener dans nos rues, dans nos marchés, dans nos cuisines… et jusque dans nos assiettes.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan