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À Rubenga, un étang piscicole détruit une nouvelle fois rappelle une vérité amère : lorsqu’un bien privé profite à toute une communauté, le voler revient à appauvrir tout le village.
Dans la nuit du 27 au 28 août 2026, au chantier « Rhobo », dans le village de Muganzo, quartier Kabale, en chefferie de Rubenga, l’infirmier Balthazar Masso a été victime, une fois de plus, d’un acte de vandalisme. Son étang piscicole, installé à son domicile, a été entièrement détruit. Les auteurs ne sont pas encore identifiés. Mais au-delà de la perte matérielle, c’est une certaine conception du vivre-ensemble qui semble ici prendre l’eau.
Car pourquoi s’en prendre à celui qui travaille ? Pourquoi détruire ce que l’on pourrait imiter, soutenir ou simplement laisser prospérer ? À Idjwi, où chaque activité génératrice de revenus compte, détruire un étang n’est pas un simple larcin. C’est s’attaquer au fruit de l’effort, décourager l’initiative et envoyer un signal dangereux à tous ceux qui tentent encore de construire leur avenir par le travail.
La population de la chefferie Rubenga a raison de s’inquiéter. Si les auteurs de ces actes restent impunis, l’antivaleur risque de devenir une habitude, puis une norme. Les autorités locales ne peuvent donc pas se contenter de constater les dégâts : elles doivent enquêter, identifier les responsables et appliquer la loi. La paix et la sécurité ne se résument pas à l’absence de coups de feu ; elles commencent aussi par la protection des personnes, de leurs biens et de leurs efforts.
Balthazar Masso ne construit pas seulement pour lui-même. Son étang est une promesse de revenus, de nourriture et d’activité pour une communauté qui attend d’en récolter les fruits. Le détruire, c’est donc voler un peu de l’espérance collective. À ceux qui préfèrent la nuit au travail, la destruction à la construction, rappelons simplement ceci : une société ne se relève jamais lorsque ses propres enfants s’emploient à casser ce que d’autres tentent péniblement de bâtir.
Les autorités doivent refuser que le silence protège les destructeurs. Que l’enquête soit menée avec sérieux, que les responsabilités soient établies et que justice soit rendue, sans vengeance ni règlement de comptes. Car le véritable défi n’est pas seulement de retrouver les auteurs de ce vol : c’est de faire comprendre à toute une génération qu’à Idjwi, le travail doit être protégé, l’effort respecté et le bien d’autrui considéré comme une frontière que nul ne peut franchir impunément.
La Rédaction
Idjwi : quand le poisson devient la proie de l’antivaleur