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À Ntambuka, le mirage du prétendu « mercure » continue de coûter cher. Argent perdu, violences et vies brisées : face à un phénomène qui s’enracine, l’impunité n’est plus une option.
Depuis des décennies, la société civile alerte sur la persistance du phénomène communément appelé « GREC » dans la chefferie de Ntambuka. Derrière la promesse d’un mystérieux mercure aux vertus et à la valeur fantasmées se cacherait un mécanisme d’escroquerie savamment entretenu, qui attire des victimes venues parfois de loin, leur soutire d’importantes sommes d’argent et peut, selon les témoignages rapportés, dégénérer en violences meurtrières. Malgré les interpellations et les poursuites engagées par les autorités du territoire d’Idjwi sous l’administration de l’AFC/M23, le phénomène demeure.
Le dernier épisode en date illustre la persistance de ce système. Une dame connue sous le nom de Neema Sifa, dite « Mama Salama », aurait été interpellée par le DSR avant d’être transférée à Bukavu le vendredi 29 août 2026. Elle serait soupçonnée d’avoir participé à une escroquerie portant sur environ 20 000 dollars, liée à la vente d’un prétendu mercure à des personnes venues de Bukavu. Selon les éléments rapportés, les victimes l’auraient identifiée comme l’une des personnes leur ayant présenté l’existence de ce produit supposé être détenu par un groupe de « Grecs ». Ces accusations devront naturellement être établies par les autorités judiciaires compétentes.
Mais au-delà de cette affaire particulière, c’est surtout un système qu’il faut regarder en face. Car lorsqu’une prétendue richesse facile devient le carburant d’une chaîne d’arnaques, le problème cesse d’être une simple affaire individuelle : il devient une menace sociale et économique. À Idjwi comme ailleurs en RDC, les récits autour de ce faux mercure auraient déjà conduit des personnes à perdre des sommes considérables et, dans certains cas rapportés par la société civile, à exposer leur vie à de graves dangers. Le silence, dans pareil contexte, ne protège personne ; il laisse simplement davantage de place aux escrocs.
Les autorités doivent donc aller au-delà des arrestations ponctuelles. Il faut identifier les cerveaux, remonter les circuits financiers, établir les complicités éventuelles et démanteler méthodiquement ce réseau présumé d’escroquerie. La lutte contre le phénomène « GREC » ne peut se limiter à interpeller quelques exécutants : elle doit viser toute la chaîne, de ceux qui fabriquent le mensonge à ceux qui organisent les transactions et récupèrent l’argent des victimes. La justice doit faire son travail, avec rigueur, transparence et respect des droits de chaque personne mise en cause.
À la population, enfin, le message est simple : méfiez-vous du mirage de l’argent facile. Aucun prétendu mercure miraculeux ne mérite que l’on mette en jeu ses économies, sa sécurité ou sa vie. À ceux qui viennent de Bukavu, de Goma ou d’ailleurs avec l’espoir de réaliser une fortune à Ntambuka, la prudence doit précéder toute transaction. Aux autorités, la responsabilité est plus grande encore : tant que ces réseaux présumés continueront d’opérer, d’autres victimes tomberont dans le piège. Il est temps de briser définitivement cette économie du mensonge.
La Rédaction