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Des briquettes pour changer l’avenir d’Uvira

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens un engagement pour la justice sociale et climatique

À Uvira, la transition écologique pourrait aussi devenir une affaire de revenus, d’autonomie et de dignité pour les communautés rurales.

La transition écologique ne se décrète pas dans les bureaux : elle se fabrique dans les quartiers, les coopératives et les ateliers. À Kavimvira, la formation d’une trentaine de membres de COOPRADI, OPAD et COOPAMAK à la production de briquettes écologiques ouvre une voie concrète : transformer des déchets en énergie, et une contrainte environnementale en opportunité économique.

L’appel du maire Kiza Muhato à « capitaliser » cette formation prend alors tout son sens. Car une formation qui s’arrête aux certificats et aux discours ne change rien. En revanche, des briquettes produites, commercialisées et utilisées peuvent réduire la pression sur le bois et le charbon de bois, limiter la déforestation et contribuer à l’assainissement des milieux de vie. Pour les femmes, majoritaires parmi les bénéficiaires, l’enjeu est aussi celui de l’autonomisation économique.

Le projet ECOCIRC, porté par AVSI, rappelle ainsi une évidence trop souvent oubliée : protéger l’environnement peut aussi nourrir l’économie locale. En valorisant des résidus agricoles et autres matières disponibles, les coopératives peuvent créer une nouvelle chaîne de valeur, générer des revenus et proposer une source d’énergie alternative aux ménages. Encore faut-il que l’accompagnement ne s’arrête pas au dernier jour de la formation.

Uvira a donc devant elle une petite expérience qui pourrait devenir un grand modèle. Si les coopératives transforment le savoir reçu en production régulière, en emplois et en marchés, la briquette écologique cessera d’être un simple produit de substitution pour devenir un symbole : celui d’une communauté capable de transformer ses déchets en ressources et ses défis environnementaux en opportunités. La véritable réussite d’ECOCIRC ne se mesurera pas au nombre de personnes formées, mais au nombre de vies et d’arbres que cette formation permettra de préserver.

La Rédaction

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