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À Kasindi, la rentrée scolaire s’ouvre sous le signe de la vigilance. Face à la menace d’Ebola, protéger les enfants ne doit pas être une option, mais une responsabilité collective.
Ce mardi 1er septembre, les cartables reprennent du service à Kasindi. Dans les rues, les uniformes scolaires devraient à nouveau colorer les matinées, signe fragile d’un retour à la normalité. Mais derrière cette rentrée se profile une inquiétude : comment garantir le droit à l’éducation sans exposer les enfants à un risque sanitaire ? La question mérite mieux que des discours : elle exige des actes.
L’appel d’Alexandre Fimbo Zawadi, président des élèves et écoliers de Kasindi, résonne ainsi comme une interpellation adressée à tous. Parents, enseignants, responsables scolaires et autorités sanitaires doivent faire de la prévention une priorité. Face à Ebola, la négligence peut coûter cher. Une école sans dispositif de lavage des mains, dans un contexte épidémique, n’est pas seulement un manque d’équipement : c’est une faille dans la chaîne de protection.
Il faut donc équiper les établissements, multiplier les points de lavage des mains et rappeler, sans relâche, les gestes qui protègent. La sensibilisation ne doit pas attendre l’apparition d’un cas suspect. Elle doit précéder le danger. Car dans une épidémie, la prévention est souvent la première ligne de défense, et l’école peut devenir à la fois un lieu d’apprentissage et un puissant rempart communautaire.
Mais protéger les enfants ne signifie pas les enfermer dans la peur. Leur droit à l’éducation doit demeurer intact. Il s’agit plutôt de créer les conditions d’une rentrée responsable, où l’apprentissage s’accompagne de vigilance, où les enseignants deviennent des relais de prévention et où les parents ne sont pas réduits au rôle de spectateurs anxieux.
Kasindi ne demande finalement rien d’extraordinaire : des écoles ouvertes, des enfants protégés et des autorités à la hauteur de leurs responsabilités. Entre le tableau noir et le risque épidémique, il ne devrait jamais être nécessaire de choisir. La rentrée doit avoir lieu, mais elle doit surtout être sûre. À Ebola, la meilleure réponse reste celle qui empêche le virus de franchir la porte de la classe.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan