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À Goma, la rentrée scolaire se heurte encore au mur de la précarité : quand cahiers, uniformes et espoir deviennent un luxe pour les familles

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À la veille de la rentrée, des parents de Goma comptent leurs francs quand leurs enfants comptent les jours. Derrière les fournitures scolaires manquantes se dessine une crise sociale plus profonde, qui frappe les ménages du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

La rentrée scolaire devrait être un rendez-vous avec l’avenir. À Goma, elle ressemble pour certaines familles à une nouvelle épreuve. Dans les marchés et les boutiques, les cahiers, uniformes, chaussures et autres effets scolaires s’alignent comme autant de promesses auxquelles tous les parents ne peuvent plus répondre. Pour les ménages aux revenus fragiles, chaque achat devient un calcul, chaque dépense un sacrifice.

Derrière un enfant qui risque de reprendre les cours avec un sac incomplet, il y a souvent un parent qui a déjà épuisé ses maigres ressources pour nourrir sa famille, payer un loyer ou faire face aux conséquences d’une économie profondément fragilisée. Au Nord-Kivu comme au Sud-Kivu, la guerre, les déplacements, la perte des activités économiques et la hausse du coût de la vie ont réduit la capacité de nombreuses familles à assumer des charges pourtant essentielles.

Faut-il encore rappeler qu’une rentrée sans fournitures peut devenir une rentrée sans dignité ? L’école ne devrait pas être réservée à ceux dont les parents peuvent payer comptant l’uniforme, les cahiers et les chaussures. Lorsque la pauvreté contraint un enfant à rester à la maison, ce n’est pas seulement une famille qui recule : c’est toute une société qui compromet une partie de son avenir.

L’appel lancé par les parents aux personnes de bonne volonté, aux organisations humanitaires, aux associations et aux acteurs économiques mérite donc mieux qu’un simple écho. Il appelle à une solidarité concrète : un paquet de cahiers, un uniforme, une paire de chaussures peuvent sembler modestes, mais pour une famille en difficulté, ils peuvent représenter la différence entre l’exclusion et le retour en classe.

À Goma, la rentrée scolaire ne doit pas devenir le miroir silencieux d’une pauvreté que l’on préfère ne pas voir. Derrière chaque enfant qui attend ses fournitures se trouve une question adressée à notre conscience collective : quel avenir construisons-nous si les plus vulnérables doivent choisir entre se nourrir aujourd’hui et préparer leurs enfants pour demain ? Les autorités, les partenaires et la société civile doivent entendre cette urgence avant que le manque de moyens ne transforme l’école, censée être l’ascenseur social, en nouvelle frontière de l’inégalité.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

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