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Un nouvel accident dramatique vient de secouer la cité minière de Kakanda, dans la chefferie des Bayeke, territoire de Lubudi, en province du Lualaba. Dans un communiqué publié le 12 mars, l’ONG Actions pour le Développement Intégral et Durable (ADID) exprime sa profonde préoccupation après un éboulement meurtrier survenu dans la mine à ciel ouvert communément appelée SAFI, un carré minier appartenant à l’entreprise Boss Mining. Alertée dans la matinée du mercredi 11 mars par la population locale, une délégation de l’organisation s’est rendue sur place pour constater l’ampleur de la catastrophe. Selon les informations recueillies auprès de plusieurs sources concordantes, au moins neuf corps sans vie, dont celui d’un enfant déjà en état de décomposition, ont été retrouvés et déposés à la morgue de l’hôpital de Boss Mining à Kakanda. Ce drame met une nouvelle fois en lumière les risques liés à l’exploitation minière artisanale et aux intrusions répétées dans des concessions industrielles, dans un contexte marqué par l’absence d’encadrement adéquat et par une forte pression socio-économique poussant de nombreux jeunes à se tourner vers l’extraction minière informelle.
Exploitation clandestine, pluies diluviennes et manque d’encadrement : les causes d’un drame annoncé
Selon l’ONG ADID, plusieurs facteurs auraient contribué à cet éboulement tragique. L’organisation évoque notamment le manque d’entretien du site minier, qui serait exploité de manière clandestine par certains sujets étrangers, notamment d’origine chinoise et libanaise, en collaboration avec des creuseurs artisanaux opérant en dehors de tout cadre légal. Cette situation serait aggravée par l’insuffisance d’encadrement technique des exploitants artisanaux par les services compétents de l’État. À ces facteurs structurels s’ajoutent également les fortes pluies diluviennes qui se sont récemment abattues sur la région de Kakanda, fragilisant les sols et augmentant les risques d’éboulement dans des carrières déjà instables. Pour les observateurs des questions environnementales et minières, cet accident illustre une fois de plus les dangers d’une exploitation minière désorganisée et insuffisamment régulée, où les impératifs de sécurité et de gestion durable des ressources naturelles sont souvent relégués au second plan.
Appel à une enquête indépendante et à une réforme de la gestion minière artisanale
Face à l’ampleur de la tragédie, l’ONG ADID formule plusieurs recommandations à l’endroit des autorités et des acteurs concernés. L’organisation appelle notamment le Procureur de la République à ouvrir une enquête indépendante afin d’établir les responsabilités des différentes parties impliquées dans l’exploitation du site. Elle invite également l’entreprise Boss Mining à sécuriser et à viabiliser son carré minier afin d’éviter de nouveaux drames. Par ailleurs, ADID exhorte les autorités provinciales du Lualaba et l’Assemblée provinciale à diligenter une mission parlementaire à Kakanda et à plaider auprès du gouvernement central pour la création de Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA), une mesure qui pourrait contribuer à mieux encadrer l’activité minière artisanale tout en offrant des opportunités d’emploi légales aux jeunes. L’organisation appelle enfin la population locale au calme et encourage les organisations de la société civile à poursuivre leur rôle de veille citoyenne afin de dénoncer toute violation des droits humains et de promouvoir une exploitation minière plus responsable et respectueuse des communautés locales.
La Rédaction
Drame minier à Kakanda : neuf morts dans un éboulement à la mine SAFI, l’ONG ADID dénonce l’exploitation clandestine et appelle à des mesures urgentes pour sécuriser les sites miniers du Lualaba