×
Logo en chargement
CHARGEMENT...

Kinshasa face à l’urgence foncière et environnementale : faut-il régulariser les quartiers spontanés ?

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens

À Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo, des milliers de familles construisent chaque année des habitations dans des zones non autorisées, sans plan d’urbanisme, ni infrastructures de base. Ces quartiers dits « spontanés » – particulièrement visibles dans les communes de Makala et Selembao – sont devenus le visage le plus commun de la croissance urbaine, affirme Fiston ILANGI NDEKE, Enseignant-Chercheur en urbanisme

Mais cette urbanisation informelle n’est pas sans conséquences. En l’absence de politiques foncières claires, les populations s’installent sur des pentes instables, des ravins ou des zones inondables. Résultat : chaque saison des pluies apporte son lot d’éboulements, d’inondations, et de pertes en vies humaines. Le sol se dégrade, les eaux sont polluées, et la ville perd ses dernières zones naturelles, ajoute Fiston ILANGI NDEKE, Enseignant-Chercheur en urbanisme

Face à cette situation, faut-il expulser ces habitants ? Ou au contraire, reconnaître leur présence et chercher à organiser ces espaces ?

Pour Fiston ILANGI NDEKE, de nombreux chercheurs et praticiens de l’urbanisme plaident aujourd’hui pour une régularisation foncière progressive. Il s’agit de reconnaître, documenter et encadrer les occupations existantes, tout en intégrant des mesures d’aménagement et de protection de l’environnement. Dans des communes comme Makala et Selembao, cela pourrait passer par des plans simplifiés de voirie, la création de réseaux d’assainissement de base, et la prévention des risques naturels.

Fiston ILANGI NDEKE, en tant que Enseignant-Chercheur en urbanisme, estime que la régularisation foncière ne doit pas être une simple opération administrative. Elle doit s’accompagner d’une vision de ville durable, inclusive et résiliente. Cela exige de renforcer la concertation entre les habitants, les autorités locales et les urbanistes, mais aussi de développer des outils juridiques souples, adaptés au contexte congolais.

En somme, le vrai défi n’est pas tant l’existence de l’habitat spontané que l’absence de réponse institutionnelle cohérente. Reconnaître et encadrer ces quartiers, c’est aussi une façon de construire une ville plus juste et plus sûre pour tous.

Emmanuel Ndimwiza

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

×