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Le pont Kilokwa, sur l’axe stratégique Butembo–Beni de la Route Nationale n°4, est devenu le symbole inquiétant d’infrastructures réalisées au rabais. Les premiers signes de dégradation, attribués à l’utilisation présumée de matériaux non conformes et à une exécution défaillante des travaux, soulèvent de sérieuses interrogations sur la qualité du contrôle technique et la gestion des marchés publics. Ce qui devait garantir la mobilité des populations risque aujourd’hui de se transformer en catastrophe.
Au-delà de la menace qui pèse sur cet ouvrage, c’est toute l’économie régionale qui pourrait être affectée. La RN4 constitue un corridor essentiel pour le transport des personnes, des produits agricoles et des marchandises entre Beni, Butembo et d’autres provinces. Laisser le pont Kilokwa se détériorer davantage reviendrait à exposer des milliers d’usagers à un danger permanent tout en fragilisant les échanges commerciaux dans une région déjà confrontée à de multiples défis sécuritaires et économiques.
Cette situation impose une réaction immédiate des autorités provinciales et nationales. Une expertise technique indépendante, suivie de travaux de réhabilitation conformes aux normes, apparaît indispensable. Au-delà de l’urgence, cette affaire rappelle qu’une infrastructure publique ne peut être sacrifiée sur l’autel de la négligence ou de la corruption. La sécurité des citoyens et la crédibilité de l’action publique exigent désormais des réponses concrètes, transparentes et responsables.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan