Voix du Paysan pour former et informer les citoyens: un engagement pour la justice sociale et climatique
Sur l’axe Komanda–Mambasa, des dizaines de camions et camionnettes sont immobilisés au pont Ituri, au cœur d’une zone régulièrement frappée par les attaques des ADF. Derrière ce blocage se dessine une réalité plus profonde : celle d’un État qui peine encore à garantir la libre circulation et la sécurité de ses citoyens.
Chaque heure d’immobilisation au pont Ituri accroît l’angoisse des voyageurs. Dans cette région où les ADF ont fait de la peur une arme de guerre, un simple embouteillage peut rapidement se transformer en tragédie. Ici, attendre n’est jamais un acte anodin, mais une épreuve où la vie se joue au rythme de l’incertitude.
Cette paralysie rappelle que les infrastructures ne sont pas seulement des ouvrages d’art : elles sont des maillons essentiels de la sécurité nationale. Lorsqu’un pont devient un point de vulnérabilité, c’est toute l’économie locale, la mobilité des populations et la confiance envers les institutions qui vacillent.
Face à cette situation, l’urgence ne réside pas uniquement dans le rétablissement de la circulation. Elle exige un renforcement visible et permanent des dispositifs de sécurité sur cet axe stratégique. Les usagers ne devraient pas avoir à choisir entre poursuivre leur route et préserver leur vie.
Le pont Ituri est aujourd’hui le symbole d’un défi plus vaste : celui d’un territoire où la liberté de circuler reste suspendue à la menace des armes. Tant que cette réalité perdurera, chaque convoi immobilisé rappellera que la paix demeure une promesse inachevée.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan