×
Logo en chargement
CHARGEMENT...

FIFA : quand le château d’Infantino se fissure de l’intérieur

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Le pouvoir ne vacille jamais autant que lorsque les premiers silences se transforment en désaveux. À la FIFA, les critiques ne viennent plus seulement des fédérations européennes ou des adversaires traditionnels de Gianni Infantino. Elles émergent désormais du cœur même de son dispositif. Après la démission fracassante de Carlos Cordeiro, voici qu’Arsène Wenger et le secrétaire général Mattias Grafström prennent leurs distances avec un projet devenu le symbole d’une gouvernance jugée opaque : la marchandisation de la Coupe du monde au profit d’investisseurs privés.

L’abandon du projet Fifa Forward Enterprise n’est pas une simple reculade stratégique. Il révèle une fracture profonde entre une vision du football réduite à sa valeur marchande et une autre qui rappelle que ce sport demeure un patrimoine collectif. Lorsque des figures jusque-là loyales parlent d’« événements tristes et condamnables », elles ne condamnent pas seulement une initiative mal conçue ; elles mettent en cause une méthode de gouvernance qui concentre le pouvoir, marginalise le débat et expose l’institution à une crise de crédibilité.

Pendant ce temps, l’UEFA prépare le terrain judiciaire, la Concacaf réclame une refonte de la gouvernance, et la menace d’un isolement politique du président de la FIFA devient plus tangible. Certes, Gianni Infantino conserve encore une solide majorité parmi les 211 fédérations membres. Mais dans les grandes organisations, les chiffres rassurent moins que les fissures internes. Lorsqu’un cercle rapproché commence à douter, c’est souvent le signe que l’autorité, plus encore que le pouvoir, est en train de s’éroder.

La crise actuelle dépasse donc le destin d’un homme. Elle pose une question fondamentale : le football mondial peut-il continuer à être administré comme une multinationale, ou doit-il renouer avec l’exigence de transparence, de responsabilité et d’intérêt général ? La réponse ne se jouera pas seulement lors de l’élection présidentielle de 2027. Elle se construit dès aujourd’hui, dans la capacité de la FIFA à convaincre que le plus grand sport de la planète appartient d’abord à ceux qui le font vivre, et non à ceux qui cherchent à en maximiser la valeur financière.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan.

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

×