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Sous nos yeux, le plastique s’accumule, s’installe et finit par devenir le décor ordinaire de nos quartiers. Derrière ces montagnes de déchets se joue une crise environnementale, sanitaire et citoyenne que nous ne pouvons plus regarder en silence.
Ce tas de déchets n’est pas qu’une accumulation d’objets abandonnés. Il est le miroir d’une ville qui peine à maîtriser ce qu’elle consomme et rejette. Seaux, bassines, bidons, sacs, chaises et récipients s’entassent sans tri, comme les vestiges d’une société où le plastique est devenu omniprésent, mais où sa gestion reste dramatiquement insuffisante.
Le plus inquiétant est peut-être ce que l’image ne montre pas. Sous le soleil, sous la pluie et au fil du temps, ces objets se dégradent, se fragmentent et peuvent libérer des particules plastiques dans les sols et les eaux. Ce qui semblait n’être qu’un déchet encombrant peut ainsi devenir une pollution diffuse, persistante et difficile à contenir.
Et pendant que nous détournons le regard, la facture s’alourdit : caniveaux obstrués, eaux stagnantes, paysages défigurés, sols contaminés et cours d’eau transformés en exutoires. Le plastique que nous abandonnons quelque part ne disparaît jamais vraiment. Il change simplement de forme, de lieu et parfois de danger.
Il est donc temps de cesser de considérer la crise plastique comme une simple question de propreté. Elle interpelle nos politiques publiques, nos municipalités, nos entreprises et chacun de nous. Réduire le plastique à usage unique, organiser la collecte, développer le tri et le recyclage : ce ne sont plus des choix de confort, mais des impératifs. Car une ville qui ne sait pas gérer ses déchets finit tôt ou tard par vivre au milieu de ses propres conséquences.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan
Plastique : quand nos villes deviennent des décharges à ciel ouvert