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Parc National de Kahuzi-Biega : comment concilier la protection d’un patrimoine mondial menacé et les revendications légitimes des peuples autochtones Batwa ?

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Le Parc National de Kahuzi-Biega, joyau écologique de l’Est de la République démocratique du Congo et patrimoine mondial de l’UNESCO, demeure au cœur d’une crise complexe opposant les écogardes chargés de sa protection aux communautés autochtones Batwa. Depuis plusieurs années, ces populations, dont la survie a longtemps dépendu des ressources forestières, dénoncent leur exclusion de leurs terres ancestrales et revendiquent un accès plus équitable aux richesses naturelles de la forêt. Cette situation engendre régulièrement des tensions et des affrontements qui fragilisent à la fois la cohésion sociale et les efforts de conservation.

Parallèlement, le parc fait face à de nombreuses menaces sécuritaires et environnementales. Des groupes armés y trouvent refuge et exploitent illégalement ses ressources à travers le braconnage, l’exploitation minière clandestine et d’autres activités destructrices pour l’écosystème. Souvent prises entre les exigences de conservation et l’insécurité persistante, les populations locales se retrouvent dans une situation de grande vulnérabilité. Cette réalité complique davantage la mission des autorités et des partenaires engagés dans la préservation de cet espace naturel exceptionnel, connu notamment pour abriter les derniers gorilles des plaines de l’Est.

Face à ces défis, plusieurs initiatives ont été mises en place, notamment le Dialogue de Bukavu de 2019, destiné à promouvoir la paix, renforcer les droits des communautés locales et autochtones et favoriser leur participation active à la gestion durable du parc. Cependant, les résultats restent mitigés et les conflits continuent de resurgir. De nombreux observateurs estiment qu’une solution durable passe par une approche équilibrée conciliant conservation de la biodiversité, reconnaissance des droits des peuples autochtones et amélioration des conditions de vie des communautés riveraines. C’est à ce prix que le Parc National de Kahuzi-Biega pourra préserver son statut de patrimoine mondial tout en devenant un modèle de coexistence harmonieuse entre l’homme et la nature.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur

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