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Kinshasa ne sera pas propre par miracle : quand l’État doit apprendre la citoyenneté à ses citoyens

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Une ville ne devient pas propre par les discours, mais lorsque la conscience individuelle rencontre la rigueur de la puissance publique.

À Kinshasa, l’insalubrité est devenue bien davantage qu’un problème de déchets : elle est le miroir d’une crise de discipline collective. Certes, l’éducation familiale devrait apprendre à chacun à ne pas jeter ses détritus dans la rue, à respecter les espaces communs et à comprendre que la ville appartient à tous. Mais demander au citoyen d’être vertueux ne suffit pas. Une société moderne ne repose jamais uniquement sur la bonne volonté de ses membres : elle repose aussi sur des règles claires, connues et effectivement appliquées.

C’est précisément là que commence la responsabilité de l’État. La loi n’est pas un décor administratif ; elle est l’instrument par lequel une société fixe les limites de l’acceptable. Lorsqu’un citoyen transforme une avenue en dépotoir, obstrue un caniveau ou déverse impunément ses déchets dans l’espace public, le problème n’est plus seulement celui de son éducation. Il devient celui de l’autorité publique qui doit rappeler la règle, organiser le service d’assainissement, contrôler son application et sanctionner les comportements qui mettent en danger la collectivité.

L’école nous enseigne cette vérité élémentaire : personne ne naît ponctuel, discipliné ou respectueux des règlements. On le devient parce qu’un cadre existe, parce qu’une autorité rappelle les obligations et parce que le manquement entraîne des conséquences. Pourquoi en serait-il autrement dans la cité ? On ne peut exiger une citoyenneté exemplaire dans un environnement où les règles restent théoriques, où les sanctions sont aléatoires et où l’incivisme semble parfois bénéficier d’une forme d’impunité. La discipline urbaine, elle aussi, s’apprend, se construit et se fait respecter.

Kinshasa n’a donc pas seulement besoin de campagnes de sensibilisation : elle a besoin d’un véritable pacte d’assainissement entre citoyens et pouvoirs publics. Au citoyen, la responsabilité de respecter l’espace commun ; à l’État, le devoir de créer les infrastructures, d’organiser la collecte, de faire respecter les normes et de sanctionner sans favoritisme. Une capitale propre ne naît ni de la peur de l’amende ni de la seule vertu civique : elle naît de la rencontre entre éducation, organisation, autorité et responsabilité. Car lorsque la loi cesse d’être appliquée, l’incivisme finit toujours par devenir la règle.

La Rédaction

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