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La forêt de Nyamusisi, autrefois considérée comme un joyau écologique du territoire insulaire d’Idjwi au Sud-Kivu, couvrait plus de 500 hectares de terres riches en biodiversité. Créée pendant la période coloniale comme une réserve naturelle communautaire, elle abritait une grande diversité d’espèces végétales et animales endémiques et jouait un rôle vital dans la régulation climatique locale. Sa disparition progressive, due à la déforestation incontrôlée, au charbonnage et à la pression agricole, représente une perte inestimable pour l’équilibre écologique de l’île.
Selon les populations locales rencontrées par www.dec-rdc.org, la destruction de la forêt a entraîné une dégradation sévère des sols, affectant directement la productivité agricole. Les agriculteurs témoignent d’une baisse inquiétante des rendements, de l’érosion accélérée des terres et d’un appauvrissement général du couvert végétal. Le cycle des pluies, autrefois stable grâce à la présence de la forêt, est désormais imprévisible, affectant l’ensemble des activités agricoles, de la culture du manioc à celle du café.
Sur le plan sanitaire, les peuples autochtones affirment que la disparition de certaines plantes médicinales issues de la forêt complique la prise en charge traditionnelle des maladies. Le recul de la végétation naturelle a aussi favorisé l’émergence de nouvelles pathologies liées à la pollution de l’eau et à la disparition des zones tampons naturelles contre les épidémies. Les éleveurs, quant à eux, se plaignent du manque de fourrage et de la difficulté croissante à maintenir leur bétail en bonne santé.
Du côté des pêcheurs, la déforestation a affecté les cours d’eau et provoqué l’ensablement des berges, perturbant les frayères naturelles du poisson. Les espèces deviennent rares, et les filets reviennent souvent vides. Tous les témoignages recueillis convergent vers une même alerte : sans reboisement massif ni politiques de protection des dernières zones boisées d’Idjwi, c’est l’ensemble de l’écosystème, et donc de la vie humaine, qui est en péril.
La Rédaction