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Derrière chaque écran, il y a des droits, mais aussi des responsabilités. En RDC, le Code du numérique rappelle une évidence que l’on semble encore trop souvent oublier : Internet n’est pas un territoire sans lois.
Le numérique a changé nos vies, nos rapports sociaux, notre manière de travailler, de nous informer et de prendre la parole. Mais il n’a pas aboli les règles. Derrière un pseudonyme, un téléphone ou un clavier, l’internaute demeure un citoyen, avec des droits à défendre et des devoirs à respecter. Le Code du numérique congolais encadre désormais cet espace où l’instantanéité donne parfois l’illusion d’une liberté sans limites.
Étudiant, entrepreneur, journaliste, créateur de contenu, fonctionnaire ou simple utilisateur des réseaux sociaux : personne n’est véritablement étranger à ces règles. Publier, partager, commenter, collecter ou diffuser une information n’est pas un acte anodin lorsque ces gestes peuvent toucher à la vie privée, à la réputation, aux données personnelles ou aux droits d’autrui. L’écran ne constitue ni un bouclier juridique ni un permis d’impunité.
Il faut donc sortir d’une dangereuse culture du « je peux tout publier parce que je suis derrière mon téléphone ». Les fausses informations, les atteintes aux droits, les escroqueries numériques, les discours haineux ou l’utilisation abusive des données ne deviennent pas acceptables parce qu’ils circulent en ligne. La liberté d’expression est précieuse ; elle exige justement une meilleure connaissance de ses limites et des responsabilités qui l’accompagnent.
Mais connaître la loi ne doit pas servir uniquement à punir : cela doit aussi permettre de mieux protéger. Informer les citoyens sur leurs droits numériques, apprendre aux jeunes à vérifier avant de partager, sensibiliser les créateurs de contenu et renforcer la culture numérique sont autant de remparts contre les dérives de l’espace informationnel. La meilleure protection contre les abus numériques commence par un citoyen qui connaît ses droits, mesure ses responsabilités et réfléchit avant de cliquer.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan
Le numérique n’est pas une zone de non-droit