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RDC : 650 cartables contre l’abandon scolaire, mais l’école attend encore plus

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Au Nord-Kivu, la rentrée scolaire ne se mesure pas seulement en dates et en cérémonies. Pour des centaines d’enfants vulnérables, elle se joue dans un combat quotidien contre la pauvreté, la faim, la discrimination et le manque de moyens.

À l’occasion de la rentrée scolaire 2026-2027, le FDAPID, avec l’appui du SPF, met 650 kits scolaires à la disposition d’enfants vulnérables, notamment des enfants autochtones pygmées et ceux en situation de handicap. Un geste concret, profondément humain, qui rappelle une évidence trop souvent oubliée : l’éducation ne doit être ni un privilège, ni une récompense réservée à ceux qui ont les moyens de l’acheter. Elle est un droit.

Mais derrière ces 650 kits se cache une réalité autrement plus brutale. Dans certaines zones du Nord-Kivu, des enfants apprennent encore dans des écoles construites en paille, avec peu de matériels didactiques, sans bibliothèques et parfois le ventre vide. Comment demander à un enfant de rêver d’un avenir meilleur lorsque la faim lui vole sa concentration et que l’absence de livres lui ferme les portes de la connaissance ? L’école ne peut pas être seulement un bâtiment : elle doit être un espace de dignité.

La responsabilité est aussi familiale et communautaire. Les enfants ne devraient pas être retenus à la maison pour accomplir des tâches ménagères pendant les heures de cours, ni conduits à la chasse au détriment de leur scolarité. Chaque journée passée loin de l’école peut devenir une marche supplémentaire vers la déperdition scolaire. Protéger l’enfant, c’est donc aussi protéger son temps d’apprentissage, son droit au savoir et sa capacité à choisir demain sa propre trajectoire.

Le défi concerne enfin les enseignants, eux-mêmes confrontés à un système qui évolue sans toujours leur donner les moyens de suivre. La formation continue, l’accès aux outils modernes et aux technologies éducatives ne devraient plus être considérés comme des luxes. On ne peut pas préparer les enfants au monde de demain avec les seuls outils pédagogiques d’hier. Le Gouvernement, les partenaires techniques et financiers, les organisations humanitaires et la société civile doivent transformer les initiatives ponctuelles en politiques durables.

Le geste du FDAPID mérite donc d’être salué, mais surtout prolongé. 650 kits peuvent changer 650 rentrées scolaires ; une politique éducative ambitieuse peut changer toute une génération. Au Nord-Kivu, investir dans l’éducation des enfants vulnérables, c’est combattre l’analphabétisme, briser les chaînes de la discrimination et donner une chance à ceux que la crise a trop souvent condamnés à l’invisibilité. Parce qu’un enfant qui tient un cahier entre ses mains tient déjà, quelque part, une part de son avenir.

La Rédaction

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