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Trafic de bois et insécurité persistante : comment les groupes armés aggravent la déforestation dans les forêts congolaises

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Dans l’Est de la République Démocratique du Congo, la déforestation galopante n’est pas uniquement le fruit d’exploitants illégaux. Elle est aussi facilitée, de manière stratégique, par des groupes armés qui occupent et contrôlent certaines zones forestières. Sans être eux-mêmes les exploitants principaux, ces acteurs armés jouent un rôle crucial dans la chaîne illégale du bois, en instaurant un système parallèle de taxation, de protection et de tolérance. En échange de pots-de-vin ou d’un pourcentage des profits, ils laissent les réseaux mafieux et certains civils exploiter les forêts sans aucune réglementation ni contrôle de l’État. Ces pratiques alimentent une économie souterraine qui profite à quelques-uns, pendant que l’environnement et les communautés locales en paient le prix.

Un système de contrôle armé qui défie les institutions de l’État

Ces groupes imposent des taxes illégales sur les routes, aux points de contrôle et sur les chargements de bois en provenance des forêts denses de l’Est. Ils régulent de manière informelle et armée les flux de marchandises, bloquant ou autorisant les camions selon leurs intérêts financiers. De plus, leur présence dans certaines zones reculées empêche les services étatiques, comme les éco-gardes ou les autorités forestières, d’accéder aux forêts ou de faire appliquer la loi. Cette mainmise empêche tout effort sérieux de conservation ou de gestion durable des ressources naturelles. Le bois illégal est ensuite écoulé vers les pays voisins ou exporté à l’international via des filières organisées qui contournent toute traçabilité.

Une double menace : écologique et sécuritaire pour les forêts congolaises

La tolérance armée à l’exploitation illégale a des conséquences dramatiques : disparition rapide de forêts primaires, dégradation des habitats d’espèces menacées et fragilisation des aires protégées. Mais au-delà de l’environnement, c’est aussi une question de sécurité. Les profits générés par ce trafic illégal alimentent les finances des groupes armés et renforcent leur influence sur les territoires, prolongeant ainsi les cycles de violence et d’instabilité. Ce lien entre environnement et conflit montre que lutter contre la déforestation en RDC ne peut se faire sans s’attaquer aux mécanismes d’exploitation illégale et de prédation armée qui gangrènent les forêts depuis trop longtemps.

La Rédaction

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