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Sud-Kivu/Jeunes, réorientons nos priorités : une réflexion sur les dynamiques de soutien aux politiciens et l’autonomisation

Tribune de Daniel Murhula, acteur politique indépendant au Sud-Kivu

Depuis quelque temps à Bukavu, nous assistons à une montée en puissance des déclarations publiques de jeunes, tantôt pour soutenir, tantôt pour s’opposer aux mandataires publics. Ce phénomène, bien que reflétant une forme d’expression démocratique, soulève des questions profondes sur la motivation qui anime ces jeunes : s’agit-il d’une conviction personnelle ou d’une stratégie de résilience face à un chômage endémique qui gangrène notre société ?

Entre opportunisme et conviction : quelle réalité ?

Dans un contexte où le taux de chômage des jeunes au Sud-Kivu atteint des sommets alarmants, il est difficile d’ignorer que ce comportement peut être influencé par la recherche de survie économique. Beaucoup de ces jeunes se retrouvent captifs de systèmes où le soutien politique est monétisé ou où des promesses de faveurs sont échangées contre des actes de loyauté publique. Toutefois, il serait réducteur de généraliser. Certains jeunes s’engagent par conviction, croyant fermement aux idéaux ou à la vision des leaders qu’ils défendent.

Le problème n’est pas tant le choix entre opportunisme et conviction, mais l’impact de ces engagements sur le développement personnel des jeunes et, plus largement, sur la société.

Un appel à l’entrepreneuriat et à l’autonomisation

Le Sud-Kivu regorge de jeunes talentueux, dotés d’une intelligence et d’un dynamisme remarquables. Il est troublant de constater que ces compétences sont souvent canalisées vers des activités éphémères et non productives, telles que les querelles politiques et les déclarations polémiques.

Imaginez si cette énergie était plutôt investie dans l’entrepreneuriat ou des initiatives communautaires. Des secteurs comme l’agriculture, la technologie, le commerce ou encore les services manquent cruellement de jeunes innovateurs. Par ailleurs, des modèles de réussite existent dans notre province. Des jeunes entrepreneurs, souvent partis de rien, ont réussi à bâtir des projets qui non seulement les autonomisent, mais créent aussi des emplois pour leurs pairs.

Responsabilité partagée : jeunesse, politiciens et société civile

La jeunesse a besoin d’accompagnement pour briser ce cercle vicieux. Les politiciens doivent cesser de considérer les jeunes comme de simples outils pour leurs ambitions personnelles. Ils doivent plutôt les intégrer dans des initiatives de développement durable et leur offrir des opportunités de formation et d’emploi.

La société civile, de son côté, doit intensifier ses efforts de sensibilisation et encourager les jeunes à adopter une approche proactive face aux défis économiques et sociaux. Les exemples d’initiatives comme les Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit (AVEC) démontrent qu’avec un minimum de ressources et une bonne organisation, il est possible de transformer des vies.

Pour un changement de paradigme

Il est temps que la jeunesse de Bukavu et du Sud-Kivu en général prenne conscience de son potentiel transformateur. Les querelles politiques et les soutiens intéressés n’ont jamais sorti une communauté de la pauvreté. En revanche, un engagement dans des activités productives, des initiatives entrepreneuriales et des projets communautaires peut faire émerger une génération de leaders économiques et sociaux.

La clé de notre avenir réside dans un changement de paradigme : passer d’une logique de dépendance et de survie à une logique d’autonomisation et d’innovation. Ce défi est à la fois individuel et collectif. À nous de choisir le chemin que nous voulons emprunter.

Daniel Murhula Acteur politique indépendant Sud-Kivu

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