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À Butembo, deux femmes sorties guéries du Centre de Traitement d’Ebola de Katwa rappellent une vérité essentielle : le virus tue, mais les rumeurs tuent aussi. Leur témoignage est un appel à remplacer la peur par la confiance et la désinformation par la solidarité.
Longtemps, les Centres de Traitement d’Ebola ont été prisonniers d’un imaginaire nourri par la peur, les rumeurs et les fausses certitudes. Beaucoup les considéraient comme des lieux d’où l’on ne revenait jamais. Pourtant, ce lundi 3 août 2026, à Butembo, deux femmes ont traversé les portes du Centre de Traitement d’Ebola de Katwa non comme des victimes, mais comme des survivantes. Leur récit renverse les préjugés : elles racontent avoir découvert des soignants attentifs, des soins constants, une écoute humaine et une prise en charge qui leur a permis de retrouver la vie. Leur guérison est plus qu’une victoire médicale ; elle est un démenti cinglant aux mensonges qui fragilisent encore la riposte.
Ces voix méritent d’être entendues bien au-delà des murs de l’hôpital. Elles rappellent que le véritable ennemi n’est pas seulement le virus, mais aussi la désinformation qui pousse certains malades à se cacher, à consulter trop tard ou à rejeter les équipes de santé. Chaque rumeur partagée sur les réseaux sociaux, chaque fausse information relayée dans les quartiers peut devenir une chaîne de transmission supplémentaire. À l’inverse, chaque témoignage de guérison, chaque geste de confiance envers les professionnels de santé ouvre une brèche dans le cercle de la peur et rapproche les communautés de la victoire contre l’épidémie.
La résurgence d’Ebola impose une responsabilité collective. Observer rigoureusement les mesures barrières, signaler rapidement tout cas suspect, éviter les contacts à risque, respecter les consignes des autorités sanitaires et accueillir avec dignité les personnes guéries sont des actes de citoyenneté autant que de santé publique. Les survivants ne doivent jamais être stigmatisés ; ils sont les témoins vivants qu’Ebola peut être vaincu lorsque le diagnostic est précoce et la prise en charge rapide. La confiance entre les communautés et les équipes médicales demeure le premier vaccin contre la peur.
Au-delà de l’urgence, la réponse durable passe par une information de proximité, portée par des radios communautaires, des leaders religieux, des enseignants, des organisations citoyennes et des survivants eux-mêmes. Il faut investir dans la surveillance communautaire, renforcer les capacités des centres de santé, protéger les soignants et faire de chaque village un acteur de la prévention. Les deux femmes de Katwa n’ont pas seulement retrouvé la santé ; elles offrent aujourd’hui à toute une région une leçon de courage. Leur histoire rappelle que, face à Ebola, la vérité soigne, la solidarité protège et la confiance sauve des vies.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan.
Quand les survivantes brisent le mur de la peur