Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.
Dans un contexte sécuritaire devenu insoutenable dans le Grand Nord du Nord-Kivu, la voix de l’activiste des droits humains Benoit Mukumbatiya résonne désormais comme un cri d’alarme contre l’indifférence face aux massacres répétitifs attribués aux rebelles ougandais des ADF. Chaque semaine, des familles sont endeuillées à Beni, Lubero, Eringeti et dans plusieurs autres localités, malgré les opérations conjointes menées par les FARDC et l’UPDF. Pour de nombreux habitants, la promesse de restaurer la paix semble s’éloigner davantage tandis que la peur s’installe durablement dans les villages. Membre du mouvement citoyen Ange Nyoka Isikulume, Benoit Mukumbatiya dénonce une banalisation dangereuse de la mort humaine dans une région pourtant riche en ressources naturelles. Selon lui, le silence prolongé des autorités nationales et de certaines instances internationales face à ces atrocités nourrit un sentiment profond d’abandon et d’injustice au sein des populations civiles qui vivent quotidiennement entre massacres, déplacements forcés et pauvreté extrême.
Face à cette tragédie humanitaire qui dure depuis plus d’une décennie, l’activiste hausse le ton et appelle la jeunesse du Grand Nord à une prise de conscience collective afin de défendre la dignité humaine et l’intégrité du territoire congolais. Dans une déclaration marquée par la colère et l’émotion, Benoit Mukumbatiya affirme que les habitants ont « assez pleuré » et qu’il devient urgent de sortir de la passivité devant des violences qui déciment des communautés entières. Derrière ses propos se dessine le malaise profond d’une population qui estime que ses vies valent moins que les intérêts économiques liés aux richesses minières et stratégiques de la région. Pour lui, les massacres à répétition ne peuvent être dissociés des convoitises autour des ressources naturelles du Congo, pendant que les populations locales continuent à vivre sans sécurité, sans justice et sans véritable protection sociale. Son discours traduit également une revendication de justice distributive, dans laquelle les richesses du pays devraient servir à protéger et à améliorer les conditions de vie des citoyens plutôt qu’à alimenter des conflits interminables.
Au-delà de l’indignation, Benoit Mukumbatiya insiste sur la nécessité de préserver l’unité nationale face aux multiples tentatives de déstabilisation et de balkanisation de la République démocratique du Congo. Il appelle les Congolais à rester vigilants et solidaires devant ce qu’il considère comme une guerre entretenue par des intérêts obscurs visant à fragiliser l’État et à contrôler les ressources du pays. Son message, porté par une fibre militante assumée, rejoint celui de nombreux défenseurs des droits humains qui réclament non seulement des réponses militaires efficaces, mais aussi une véritable volonté politique de protéger les populations civiles, de restaurer la justice et de redonner espoir aux communautés abandonnées à leur sort. Dans le Grand Nord, où les habitants vivent depuis des années au rythme des attaques et des enterrements, les paroles de cet activiste traduisent surtout le ras-le-bol d’un peuple qui refuse désormais de voir son existence réduite à une statistique de guerre.
Awa Jean de Dieu
Nord-Kivu sous le feu des ADF : Benoit Mukumbatiya dénonce « l’abandon d’un peuple » et appelle à une mobilisation citoyenne face aux massacres qui ensanglantent l’Est du Congo