Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.
Treize morts, quatorze personnes enlevées : à Banana École, une nouvelle attaque attribuée aux ADF rappelle que, dans certaines zones de l’Ituri, la vie humaine reste dangereusement exposée.
À Mambasa, le drame ne se mesure plus seulement au nombre des victimes, mais à la répétition des tragédies. Treize personnes auraient été tuées et quatorze autres enlevées à Banana École dans une attaque attribuée aux ADF. Derrière ces chiffres froids, il y a des familles brisées, des maisons désertées, des enfants privés de leurs proches et une population qui apprend, une fois encore, à vivre avec la peur. Lorsqu’une attaque peut frapper et disparaître dans le silence, c’est toute la promesse de protection de l’État qui vacille.
Le plus inquiétant demeure peut-être l’absence de réaction officielle rapportée après cette nouvelle tragédie. Car le silence des autorités, lorsqu’il suit le fracas des armes, devient lui-même une forme d’angoisse pour les populations. Les alertes de la société civile et des organisations de défense des droits humains ne devraient pas être de simples constats posthumes. Elles devraient déclencher une réponse rapide, visible et durable : sécuriser les villages, protéger les axes de déplacement, rechercher les personnes enlevées et surtout empêcher que les mêmes communautés soient condamnées à attendre la prochaine attaque.
L’Ituri ne manque pas de discours sur la paix ; elle manque de sécurité concrète. Tant que des civils pourront être tués ou emmenés de force sans que la puissance publique ne parvienne à prévenir, intervenir et rendre compte, la paix restera un mot lointain pour les habitants de Mambasa. Banana École ne doit pas devenir une ligne de plus dans les archives du malheur congolais. Ces morts exigent des réponses, ces disparus exigent des recherches, et ces survivants exigent enfin que leur sécurité cesse d’être une promesse reportée.
La Rédaction
Mambasa : quand les civils deviennent la variable d’ajustement