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Goma : à Nyabushongo, le feu consume des commerces, mais pas la détresse des sinistrés

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À Goma, le jour s’est levé ce jeudi 24 septembre sur les cendres d’une nouvelle tragédie économique. Vers 2 heures du matin, un incendie dont l’origine reste inconnue a ravagé deux dépôts, plusieurs boutiques et des ateliers de haute couture à proximité du marché Nyabushongo, dans le quartier Ndosho. En quelques heures, des marchandises patiemment accumulées et des outils de travail ont été réduits à néant, rappelant une nouvelle fois la vulnérabilité des petits commerçants face aux incendies qui frappent régulièrement la ville.

Le bilan humain, fort heureusement, ne fait état d’aucune perte en vies humaines. Mais derrière les murs noircis et les tôles déformées se dessine un autre bilan, plus silencieux : celui des familles qui voient disparaître leur capital, leur activité et parfois plusieurs années d’efforts. Pour ces commerçants et artisans, le feu ne détruit pas seulement des biens ; il emporte une source de revenus et fragilise davantage des ménages qui vivent déjà dans un environnement économique particulièrement difficile.

L’intervention des véhicules anti-incendie, appuyée par la mobilisation courageuse des jeunes du quartier, a permis de contenir les flammes. Cette solidarité locale mérite d’être saluée. Mais elle pose aussi une question plus large : combien faudra-t-il encore d’incendies pour que la prévention, l’aménagement des espaces commerciaux et les mécanismes d’intervention d’urgence deviennent une priorité durable à Goma ? Chaque sinistre révèle les mêmes vulnérabilités et transforme les commerçants en spectateurs impuissants de leurs propres pertes.

Ce matin, à Nyabushongo, les flammes se sont éteintes, mais l’urgence commence à peine. Les sinistrés ont besoin d’un accompagnement concret pour se relever : soutien matériel, appui aux activités économiques et solidarité communautaire. L’appel lancé aux personnes de bonne volonté ne devrait pas rester sans réponse. À Goma, reconstruire après un incendie ne consiste pas seulement à remplacer des marchandises : c’est permettre à des familles de retrouver leur dignité économique et à une communauté de ne pas laisser ses plus fragiles se relever seuls.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

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