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Trois maisons calcinées, une église démolie pour contenir les flammes : le nouvel incendie survenu ce jeudi à Cahi rappelle, une fois de plus, l’urgence de renforcer la prévention et la réponse aux incendies à Bukavu.
Ce jeudi 24 septembre 2026, vers 11h30, le secteur Kaliba, dans le quartier Cahi, a été frappé par un nouvel incendie. Selon les responsables locaux de la Société civile, trois maisons ont été réduites en cendres, celles de Mazambi Bikindja Sawa, Parachance Bushiro Mwilu et Mwilo Bitingilo. Pour empêcher le brasier de gagner d’autres habitations, une église a même dû être démolie. Dans une ville où les maisons se touchent presque, le feu n’a besoin que de quelques minutes pour transformer un incident domestique en catastrophe collective.
Les premiers témoignages évoquent un feu allumé par des enfants à proximité d’une habitation, avant que les flammes ne se propagent. Une version qui devra être établie avec précision, mais qui pose une question essentielle : combien de familles devront encore perdre leur toit avant que la prévention des incendies ne devienne une véritable priorité urbaine ? La sensibilisation des enfants et la vigilance parentale sont indispensables, mais elles ne sauraient constituer l’unique réponse. La vulnérabilité de Bukavu tient aussi à l’urbanisation dense, à l’accessibilité difficile de certains quartiers et à la faiblesse des moyens d’intervention.
Face à cette répétition des sinistres, la ville doit sortir de la logique du « après l’incendie ». Les autorités provinciales et municipales devraient renforcer les services anti-incendie, multiplier les points d’eau et les équipements d’intervention, aménager des voies permettant aux secours d’atteindre rapidement les quartiers populaires et organiser des exercices communautaires de prévention. Dans les écoles, les églises et les associations de quartiers, des séances régulières sur les risques liés au feu, au gaz, aux installations électriques et aux combustibles pourraient sauver des vies. Des brigades communautaires formées aux premiers gestes d’urgence pourraient également constituer un premier rempart en attendant l’arrivée des secours.
Mais prévenir ne suffit pas : il faut aussi reconstruire et protéger les victimes. Les familles de Cahi ont besoin d’un accompagnement concret : abris temporaires, vêtements, vivres, fournitures scolaires et soutien pour la reconstruction. Les autorités, les organisations humanitaires, les églises, les associations et les personnes de bonne volonté peuvent unir leurs efforts. À Bukavu, chaque incendie ne devrait pas seulement produire des cendres et des statistiques ; il devrait provoquer une remise en question. Une ville qui apprend de ses incendies est une ville qui protège ses habitants. Une ville qui les oublie prépare déjà le prochain brasier.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan
Bukavu : à Cahi, le feu brûle les maisons — et révèle une ville toujours aussi vulnérable