×
Logo en chargement
CHARGEMENT...

Le panafricanisme à l’épreuve des actes, l’Afrique à l’heure du rendez-vous avec son destin

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Derrière l’annonce d’une conférence de presse consacrée à la « grande solidarité panafricaine » se dessine une ambition plus vaste qu’un simple échange d’idées. À l’heure où le continent est traversé par des crises sécuritaires, des fractures politiques et une compétition géopolitique intense, le panafricanisme revient comme une promesse exigeante : celle de bâtir une Afrique capable de parler d’une seule voix et de défendre souverainement son avenir.

L’affiche annonce un rendez-vous qui réunit des responsables associatifs, des acteurs des médias, des intellectuels et une personnalité politique kényane, Sungu Oyoo, présenté comme invité d’honneur. Au-delà des noms et des organisations représentées, c’est un symbole qui se dessine : celui d’une Afrique qui cherche à dépasser les frontières héritées de l’histoire pour renouer avec une conscience commune. Le slogan, « L’unité reste notre dernière issue », sonne comme un constat autant que comme un avertissement. Dans un continent où les conflits armés, les coups d’État, les crises économiques et les ingérences étrangères continuent d’éprouver les peuples, la solidarité panafricaine n’est plus seulement un idéal romantique ; elle devient une nécessité stratégique.

Mais le panafricanisme ne saurait survivre aux seules déclarations d’intention. Il se mesurera à sa capacité de produire des réponses concrètes aux attentes des Africains : une intégration économique effective, une libre circulation des personnes, une coopération sécuritaire crédible, des médias indépendants capables de construire un récit africain et une jeunesse associée aux décisions qui engagent son avenir. Les grandes figures historiques, de Kwame Nkrumah à Thomas Sankara, avaient compris qu’une Afrique politiquement divisée resterait vulnérable face aux intérêts extérieurs. Leur héritage rappelle que la souveraineté ne se proclame pas ; elle se construit par des institutions solides, une gouvernance responsable et une confiance retrouvée entre les peuples.

La conférence annoncée du 7 août ne changera pas, à elle seule, le destin du continent. Mais elle peut contribuer à nourrir un débat devenu incontournable : celui de la renaissance politique, intellectuelle et culturelle de l’Afrique. Le véritable défi n’est pas de multiplier les tribunes, mais de transformer le discours panafricain en une dynamique capable d’inspirer des politiques publiques, de rapprocher les sociétés civiles et de faire émerger une génération qui place l’intérêt du continent au-dessus des calculs nationaux ou personnels. Car si l’unité est réellement « notre dernière issue », alors le temps des proclamations touche à sa fin ; commence celui des responsabilités.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

×