Voix du Paysan pour former et informer : un engagement pour la justice sociale et climatique.
À l’occasion de la Semaine mondiale d’actions #KickPollutersOut, les communautés congolaises vivant autour du Lac Albert tirent la sonnette d’alarme face à l’expansion des projets pétroliers Tilenga, Kingfisher et de l’oléoduc EACOP. Dans une note de plaidoyer adressée à TotalEnergies EP Uganda et CNOOC Uganda Limited, elles dénoncent les risques que ces activités font peser sur l’un des écosystèmes les plus riches de la région des Grands Lacs. Source essentielle de revenus, de nourriture et de biodiversité, le Lac Albert fait vivre des milliers de familles grâce à la pêche, à l’agriculture et au commerce. Les populations craignent que l’exploitation pétrolière n’entraîne une pollution durable des eaux, la destruction des habitats naturels et l’affaiblissement des activités économiques locales.
Les communautés riveraines réclament ainsi davantage de transparence et de garanties. Elles demandent la publication des études d’impact environnemental et climatique, le respect des normes internationales relatives aux droits humains ainsi que l’application du principe du consentement libre, préalable et éclairé des populations concernées. Elles exigent également la mise en place de mécanismes indépendants pour prévenir et réparer d’éventuelles pollutions, tout en appelant à la protection des défenseurs de l’environnement, des journalistes et des acteurs communautaires engagés dans la défense de leurs territoires. Pour les signataires, aucun projet ne devrait être autorisé sans une consultation inclusive et une information accessible à l’ensemble des communautés concernées.
Soutenue par la Coalition Notre Terre Sans Pétrole (NTSP), les communautes riveraines du Lac Albert en RD Congo, invitent les autorités coutumières des chefferies riveraines à s’opposer à toute exploration ou exploitation pétrolière dans le Graben Albertin.
La coalition estime que les promesses de croissance économique ne sauraient justifier les risques environnementaux et sociaux encourus par les populations. Défendant une vision fondée sur la justice climatique, la préservation des ressources naturelles et le développement durable, les organisations de la société civile appellent à faire du Lac Albert un symbole de gouvernance responsable plutôt qu’un nouvel épicentre des conséquences des énergies fossiles en Afrique. Pour elles, protéger ce patrimoine naturel aujourd’hui, c’est garantir l’avenir des générations présentes et futures.
La Rédaction
« Le Lac Albert n’est pas à vendre » : face à l’avancée des projets pétroliers de TotalEnergies et CNOOC, les communautés riveraines exigent la protection de leur avenir et de leur patrimoine naturel