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À Kisangani, la Journée internationale de la jeunesse a pris un autre visage : celui d’une jeunesse qui veut parler, se souvenir et agir. Autour de Jedidia Mabela, jeune leader et organisateur des communautés, le débat a préféré la responsabilité citoyenne aux slogans et aux calculs politiques.
À l’heure où tant de rendez-vous consacrés à la jeunesse se perdent dans les discours convenus et les promesses sans lendemain, Jedidia Mabela a choisi un autre chemin. Dans la salle de la commune Makiso, à l’initiative du Parlement des jeunes et enfants (PARDE), les jeunes Boyomais se sont réunis pour examiner leurs propres contributions à la société. Une scène presque banale, mais profondément politique au sens noble du terme : celui d’une génération qui refuse d’être seulement courtisée, instrumentalisée ou applaudie, et qui entend devenir actrice de son destin. Jedidia Mabela, jeune leader et organisateur des communautés, s’est inscrit dans cette dynamique en rappelant que le patriotisme ne se mesure pas au volume des slogans, mais à la capacité de servir la collectivité.

Le moment le plus saisissant fut sans doute cette minute de silence sollicitée par Jedidia Mabela, en mémoire des jeunes et des enfants fauchés par les conflits armés. Derrière ce geste symbolique se dessinait une question autrement plus lourde : que vaut une République qui célèbre sa jeunesse tout en demeurant incapable de protéger une partie de celle-ci ? Mais Jedidia Mabela n’a pas voulu enfermer la jeunesse dans le deuil. En présentant les cinq années d’actions de l’AJDDH, il a rappelé que la défense des droits humains est aussi une affaire de construction patiente : mémoire de la guerre des Six Jours à Kisangani, plaidoyer pour la justice et la non-répétition, renforcement de la gouvernance locale, inclusion électorale des personnes sourdes et des personnes vivant avec albinisme, monitoring de la corruption et accompagnement des enfants sourds.

À travers ces expériences, Jedidia Mabela a surtout posé une évidence que les pouvoirs publics gagneraient à entendre : la jeunesse congolaise n’est pas une génération en attente. Elle organise, documente, forme, accompagne et résiste. De Kisangani à Bunia, de Kinshasa à Goma, des communautés déplacées aux enfants marginalisés, l’action associative montre que la citoyenneté peut devenir une force concrète lorsque les jeunes disposent d’espaces pour agir. Jedidia Mabela, en tant que jeune leader et organisateur des communautés, incarne cette génération qui ne réclame pas seulement une place dans les tribunes, mais veut contribuer à redessiner la cité.

La rencontre de Makiso laisse ainsi une leçon qui dépasse largement le cadre d’une journée internationale. Jedidia Mabela et les jeunes réunis autour du PARDE ont rappelé que l’avenir de la RDC ne se construira ni dans le vacarme des manipulations politiques ni dans les cérémonies sans lendemain, mais dans la mémoire, la responsabilité et l’engagement quotidien. Une jeunesse qui se souvient de ses morts, défend ses droits, exige la justice et travaille pour ses communautés est déjà une jeunesse qui gouverne autrement. Et Jedidia Mabela, par cette mobilisation citoyenne, contribue à faire émerger cette relève dont la République a cruellement besoin.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan.