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Jean-Claude Katende ou l’avertissement de l’Histoire : quand les divisions congolaises fabriquent les victoires de demain

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À travers son appel à la majorité et à l’opposition, Jean-Claude Katende rappelle une vérité souvent oubliée : les nations ne s’effondrent pas seulement sous les coups de leurs ennemis, mais aussi sous le poids de leurs divisions. L’histoire de la RDC, comme celle de nombreuses autres nations, montre que les crises politiques ouvrent souvent la porte aux influences extérieures.

L’interpellation de Jean-Claude Katende dépasse le simple commentaire politique. Elle sonne comme une mise en garde adressée à une classe dirigeante qui semble parfois prisonnière de l’immédiateté des rapports de force. Depuis l’indépendance, la République démocratique du Congo paie le prix de ses fractures internes. De la rupture tragique entre Joseph Kasa-Vubu et Patrice Lumumba aux affrontements entre Mobutu et son opposition, chaque crise a fragilisé l’État et créé un espace où des intérêts étrangers ont trouvé matière à façonner le destin du pays. L’Histoire n’est jamais un tribunal du passé ; elle est un manuel pour ceux qui veulent encore éviter les mêmes erreurs.

Le monde regorge d’exemples où l’incapacité des élites à privilégier l’intérêt national a précipité des bouleversements irréversibles. Les divisions des cités grecques ouvrirent la voie à la domination macédonienne ; les rivalités des royaumes africains facilitèrent, dans plusieurs régions du continent, la conquête coloniale ; plus récemment, la fragmentation politique en Libye après 2011 a transformé un conflit interne en un théâtre d’ingérences internationales. Aucune nation ne sort renforcée lorsque ses dirigeants considèrent leurs adversaires comme des ennemis à abattre plutôt que comme des concurrents avec lesquels construire un destin commun.

La RDC traverse aujourd’hui une période où les défis sécuritaires, économiques et diplomatiques exigeraient davantage de cohésion que de confrontation. Dans ce contexte, l’avertissement de Jean-Claude Katende mérite d’être entendu au-delà des clivages partisans. Lorsque majorité et opposition consacrent l’essentiel de leur énergie à s’affaiblir mutuellement, elles prennent le risque de laisser d’autres acteurs, parfois invisibles, écrire le prochain chapitre de l’histoire congolaise. Les peuples ne perdent pas seulement leurs batailles sur les champs de guerre ; ils les perdent aussi lorsque leurs responsables politiques renoncent au dialogue.

La véritable victoire politique ne réside pas dans l’humiliation de l’adversaire, mais dans la capacité à préserver la souveraineté d’une nation. Les grandes démocraties se sont consolidées lorsque leurs dirigeants ont compris que certaines causes dépassaient les intérêts partisans. La RDC, au cœur des convoitises depuis plus d’un siècle, ne peut se permettre de répéter les scénarios qui l’ont si souvent affaiblie. Si l’appel de Jean-Claude Katende devait laisser une seule leçon, ce serait celle-ci : les peuples qui oublient leur histoire offrent toujours à d’autres le privilège d’écrire leur avenir.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

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