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La libération de sept défenseurs et militants climatiques détenus à Lisala, dans la province de la Mongala, constitue un signal important dans une République démocratique du Congo qui ambitionne de devenir un acteur majeur de la justice climatique mondiale. Arrêtés depuis le 5 juillet 2026 et placés sous mandat d’arrêt provisoire dans le cadre de l’affaire RMP 3966/PR.064/1/NIL/ATK, ces acteurs de la société civile étaient accusés dans un contexte marqué par de fortes tensions autour de la défense des terres communautaires, des forêts et des droits des peuples autochtones. Leur libération rappelle que la justice ne peut être perçue comme un instrument de pression contre ceux qui alertent sur les menaces environnementales, mais comme un rempart destiné à protéger les libertés fondamentales et l’intérêt collectif.
Pour Me Olivier Ndoole, Secrétaire Exécutif de l’Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits Humains (ACEDH), cette décision judiciaire représente une avancée encourageante, mais elle doit surtout ouvrir une réflexion plus profonde sur la protection des défenseurs de l’environnement en RDC. Selon l’organisation, les arrestations successives de plusieurs militants, dont le défenseur autochtone Franck Eluo Kombe et les acteurs de la société civile environnementale comme Roger Nzumbo, illustrent un climat préoccupant où les voix communautaires risquent d’être réduites au silence face aux intérêts économiques liés à l’exploitation des ressources naturelles. Dans un pays qui porte l’ambition de devenir un « pays solution » face à la crise climatique, la défense de la biodiversité et des droits humains ne devrait jamais être criminalisée.
Cette affaire met également en lumière les défis liés à la gouvernance environnementale dans les zones stratégiques du pays, notamment celles concernées par le Couloir Vert Kivu-Kinshasa, présenté comme une initiative majeure de conservation des écosystèmes congolais. La protection des tourbières, des forêts tropicales et des moyens de subsistance des communautés locales nécessite un espace démocratique où les défenseurs peuvent jouer pleinement leur rôle de sentinelles écologiques. Les poursuites-bâillons, connues sous le terme de SLAPP, représentent une menace grandissante pour la participation citoyenne et peuvent affaiblir les efforts de lutte contre le changement climatique en décourageant ceux qui dénoncent les atteintes environnementales.
En saluant la mobilisation des avocats, des journalistes, des organisations de la société civile et des acteurs engagés aux côtés des détenus, Me Olivier Ndoole, Secrétaire Exécutif de l’ACEDH, rappelle que la liberté retrouvée des sept défenseurs doit désormais être accompagnée de garanties solides de protection. L’enjeu dépasse le cas de Lisala : il concerne l’avenir d’un modèle de développement où la conservation de la nature, la justice sociale et le respect des droits humains doivent avancer ensemble. La RDC ne pourra véritablement porter son message de leadership climatique international que si ceux qui protègent ses forêts et ses communautés sont eux-mêmes protégés par la loi.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan