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Ebola à l’Est de la RDC : comment les femmes commerçantes transfrontalières transforment une nouvelle crise sanitaire en opportunité de résilience économique collective

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La résurgence de la maladie à virus Ebola dans l’Est de la République démocratique du Congo, depuis mai 2026, ravive les inquiétudes sanitaires tout en faisant peser de lourdes menaces sur les dynamiques économiques locales. Aux postes frontaliers stratégiques de la Petite Barrière, de la Grande Barrière ainsi qu’aux points de passage de Ruzizi I et II, le renforcement des contrôles sanitaires ralentit considérablement la circulation des personnes et des marchandises. Une réalité qui affecte directement les femmes petites commerçantes transfrontalières, véritables piliers de l’approvisionnement des marchés locaux et du revenu de milliers de ménages. Face aux restrictions, les coûts de transaction augmentent, les stocks se raréfient et la vulnérabilité économique des familles s’accentue, a conclu Fabrice Mulindaamani, chercheur et spécialiste en entrepreneuriat.

Pourtant, au cœur de cette nouvelle crise, des mécanismes innovants de résilience démontrent toute leur efficacité. Parmi eux, le système de groupage apparaît comme une réponse entrepreneuriale particulièrement adaptée. En mutualisant les commandes, les moyens de transport et les coûts logistiques, les commerçantes parviennent à maintenir leurs activités malgré les contraintes imposées par la situation sanitaire. Cette approche collaborative réduit les risques individuels, renforce le pouvoir de négociation des femmes et garantit une continuité minimale des échanges commerciaux. Elle illustre parfaitement comment l’entrepreneuriat collectif peut devenir un outil stratégique de gestion des crises dans les économies frontalières fragiles.

Pour Fabrice Mulindaamani, cette capacité d’adaptation trouve aujourd’hui ses racines dans un travail de structuration entrepris bien avant la résurgence d’Ebola. Grâce au projet EWICBT, mis en œuvre par iPeace et PFTH, 4 550 femmes commerçantes de Goma et de Bukavu avaient été organisées au sein d’associations économiques fonctionnelles. Dans le contexte actuel, ces organisations constituent un capital social et économique précieux permettant la coordination des activités, le partage d’informations et la mise en place de solutions communes. En tant que spécialiste en entrepreneuriat, cette expérience confirme qu’investir dans l’organisation collective, l’accès à l’information économique et les modèles d’affaires collaboratifs ne relève plus seulement du développement économique : il s’agit désormais d’un impératif de résilience pour protéger les moyens de subsistance des femmes et préserver la stabilité des échanges commerciaux dans la région des Grands Lacs.

La Rédaction

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