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GENOCOST en RDC : à Kasindi, la mémoire des millions de victimes devient un acte de résistance contre l’oubli, l’impunité et l’économie de la guerre

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Le 2 août, la commune rurale de Kasindi, en territoire de Beni, accueillera une journée de commémoration du GENOCOST à la CBCA Francophone Lubiriha, sous l’impulsion du Conseil local de la jeunesse. Au-delà d’un simple devoir de mémoire, cette initiative rappelle que les tragédies qui frappent l’est de la République démocratique du Congo ne peuvent être réduites à une succession de faits divers sécuritaires. Elles s’inscrivent dans une histoire longue, marquée par des violences de masse étroitement liées à la convoitise des ressources naturelles.

Commémorer le GENOCOST, c’est reconnaître que des millions de Congolais ont payé de leur vie les conséquences d’une économie de guerre alimentée par l’exploitation illicite des richesses du sous-sol. Cette journée invite à dépasser les chiffres pour redonner un visage aux victimes, aux familles endeuillées et aux communautés déchirées. La mémoire devient alors un outil de justice, un rempart contre le négationnisme et une exigence de vérité.

Le choix de confier cette responsabilité à la jeunesse est porteur d’un message fort. Les nouvelles générations refusent que le silence ou l’indifférence effacent les souffrances accumulées depuis des décennies. En plaçant la paix, la justice et la souveraineté nationale au cœur de cette commémoration, elles rappellent que la stabilité durable ne pourra être construite sans reconnaissance des crimes, sans responsabilité des auteurs et sans une gouvernance transparente des ressources naturelles.

À Kasindi comme ailleurs en RDC, le GENOCOST ne doit pas être une cérémonie de plus dans le calendrier national. Il doit devenir un moment de conscience collective, capable d’interpeller les décideurs, les partenaires internationaux et chaque citoyen sur leur responsabilité face aux violences qui persistent. Car une nation qui protège sa mémoire se donne aussi les moyens de défendre son avenir et de rompre définitivement avec le cycle de l’impunité.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

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