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La chute alarmante de la production halieutique dans le lac Kivu inquiète de plus en plus les riverains, dont la survie dépend directement des ressources du lac. Emmanuel Ndimwiza, sociologue de l’environnement et chercheur en dynamiques communautaires, observe que cette baisse s’accompagne d’un enchevêtrement de facteurs : dérèglement climatique, maladies à répétition et instabilité socio-politique. Ces pressions cumulatives affectent profondément les écosystèmes aquatiques, provoquant la migration ou la disparition d’espèces jadis abondantes.
Selon Emmanuel Ndimwiza, les pêcheurs de Kalehe, Goma ou Idjwi rapportent que les rythmes traditionnels de pêche ne correspondent plus aux cycles naturels du lac. Le réchauffement des eaux, combiné à la pollution et au manque d’aires de repos biologiques, réduit la fertilité des zones de frai. À cela s’ajoutent les effets des épidémies sur les communautés : les soins de santé deviennent prioritaires par rapport aux activités économiques, affaiblissant la main-d’œuvre disponible et augmentant la vulnérabilité collective.
Emmanuel Ndimwiza souligne enfin que la solution passe par une approche intégrée : renforcer la gouvernance locale du lac, promouvoir des techniques de pêche durables, protéger les berges contre la déforestation et impliquer les jeunes dans la résilience climatique. Il appelle les autorités, chercheurs et ONG à reconnaître que la santé du lac est intimement liée à celle des communautés qui l’entourent, et que la moindre négligence écologique peut aggraver les fractures sociales déjà profondes.
La Rédaction
Crise halieutique sur le lac Kivu : Emmanuel Ndimwiza alerte sur le triple fardeau climat- épidémie – instabilité qui fragilise les communautés riveraines