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Couloir Vert Kivu-Kinshasa : la RDC doit-elle protéger sa forêt ou exploiter son sous-sol ?- le plaidoyer de Greenpeace

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Entre promesses climatiques et expansion extractive, Greenpeace Afrique estime que le Couloir Vert Kivu-Kinshasa se retrouve au cœur d’un paradoxe qui interpelle l’État congolais.

Au cœur du Bassin du Congo, deuxième grand massif forestier tropical de la planète, une bataille silencieuse se joue entre conservation et exploitation des ressources. Créé en janvier 2025 sur plus de 544 000 km², le Couloir Vert Kivu-Kinshasa devait devenir, selon la vision défendue par Greenpeace Afrique et ses partenaires, un modèle de conservation, de développement durable et de protection des moyens de subsistance des communautés. Mais selon une analyse publiée par Greenpeace Afrique, 72 % du Couloir chevauche des blocs pétroliers et 12,3 millions d’hectares sont concernés par des concessions minières.

Le paradoxe est brutal : comment proclamer la RDC « pays-solution » face au dérèglement climatique tout en laissant se multiplier, dans certains des mêmes espaces, les activités susceptibles de fragmenter les forêts, de menacer les tourbières et de bouleverser les territoires communautaires ? Greenpeace Afrique et ses partenaires ont adressé, le 18 septembre, une lettre ouverte au président Félix Tshisekedi, réclamant notamment un moratoire sur les nouveaux projets pétroliers, gaziers et miniers dans le Couloir Vert.

Derrière les cartes, les hectares et les permis, Greenpeace Afrique rappelle qu’il y a pourtant des vies. Des communautés qui dépendent de la forêt, des terres agricoles, des rivières et de la biodiversité. Il y a aussi les peuples autochtones et les communautés locales dont les droits fonciers et la participation aux décisions sont au cœur des revendications formulées par Greenpeace et les organisations environnementales partenaires. La forêt congolaise n’est donc pas une simple réserve foncière attendant son prochain permis : elle est une économie, un patrimoine, un climat et un avenir.

À New York, le message porté par Greenpeace Afrique devant les grands rendez-vous internationaux est simple : les engagements climatiques ne peuvent rester des mots prononcés sous les projecteurs pendant que, sur le terrain, les contradictions gagnent du terrain. La question dépasse Greenpeace, les ONG ou les experts : elle concerne la cohérence de la politique publique congolaise. Le Couloir Vert peut-il réellement devenir une référence mondiale si les espaces destinés à la conservation restent exposés à l’expansion extractive ?

La RDC se trouve ainsi face à une responsabilité historique. Exploiter ses richesses naturelles relève d’un choix souverain ; mais protéger ses forêts et garantir les droits des communautés relève aussi d’une obligation envers les générations présentes et futures. Le débat porté par Greenpeace Afrique mérite donc mieux que des slogans : il exige de la transparence sur les permis, une gouvernance réellement participative et une cohérence entre politique climatique, conservation et exploitation des ressources. Car une forêt détruite ne se reconstruit pas avec un discours à l’ONU. Et, comme le souligne Greenpeace, le monde regarde désormais ce que Kinshasa fait de son propre « poumon vert ».

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

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