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Centrafrique : La FAFECA outille ses membres sur la Paix et la Sécurité, en s’appuyant sur la Résolution 1325 de l’ONU

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique

Face à la recrudescence des violences faites aux femmes, la Fédération des Associations des Femmes Entrepreneures de Centrafrique (FAFECA) a lancé ce vendredi 20 Juin à Bangui, une session de renforcement des capacités de ses membres autour des thématiques de la Paix et de la Sécurité.

L’objectif : armer juridiquement et psychologiquement ces femmes face aux violences conjugales et promouvoir leur participation active aux efforts de consolidation de la paix.

Organisé au siège de la FAFECA, cet atelier vise à sensibiliser les associations affiliées au cadre juridique et institutionnel existant en République Centrafricaine, mais aussi aux engagements internationaux du pays, notamment la célèbre Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité.

La Résolution 1325 : un outil clé pour la protection des femmes

Adoptée en 2000, la Résolution 1325 reconnaît l’impact disproportionné des conflits armés sur les femmes et souligne l’importance de leur participation aux processus de paix, à la prévention des conflits, ainsi qu’à la reconstruction post-conflit. Elle engage les États membres à prendre des mesures concrètes pour protéger les femmes contre les violences, notamment sexuelles et basées sur le genre, et à intégrer les femmes dans les processus décisionnels en matière de paix et de sécurité.

« Beaucoup de femmes centrafricaines ignorent qu’au-delà des lois nationales, des instruments internationaux comme la Résolution 1325 leur offrent des droits et une protection renforcée », a expliqué Max Victorien WAMAMAKA, directeur des programmes au ministère du Genre, de la Protection de la Femme et de la Famille. « Cet atelier est l’occasion de vulgariser ces textes et de rappeler aux autorités leur responsabilité dans la mise en œuvre de ces engagements. »

Des engagements ratifiés, mais encore à concrétiser

La République Centrafricaine a ratifié plusieurs conventions internationales en matière de droits des femmes. Toutefois, leur mise en œuvre reste laborieuse. « Il est temps que les femmes s’approprient ces textes et deviennent elles-mêmes des actrices de plaidoyer pour interpeller les pouvoirs publics », a martelé Ida BONDELE, membre active de la FAFECA. « Trop souvent, nous subissons les violences en silence faute de connaître nos droits ou les recours possibles. »

L’atelier permet ainsi aux participantes d’acquérir une meilleure compréhension des lois nationales, telles que le Code pénal centrafricain révisé, mais aussi des engagements internationaux auxquels le pays a souscrit. Les débats ont également mis en lumière les obstacles structurels et culturels qui freinent l’application effective de ces mesures de protection.

Selon les organisateurs, ces séances de formation se poursuivront jusqu’au 27 juin prochain et déboucheront sur une grande marche nationale contre les violences conjugales. « Cette mobilisation est un signal fort pour dire non à l’impunité et rappeler que la paix durable passe aussi par la protection des droits fondamentaux des femmes », a insisté Mme Rosalie GOMBEKA, présidente de la FAFECA.

Alors que la République Centrafricaine continue de panser les plaies des conflits successifs, la question du rôle des femmes dans la paix reste plus que jamais d’actualité. Comme le souligne la Résolution 1325, « la paix est durable lorsque les femmes sont à la table des négociations, actrices et bénéficiaires des efforts de reconstruction ».

Bélisaire Dorval Sahoul

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