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Dans une ville meurtrie par les conflits, parler de santé mentale, de résilience et d’entrepreneuriat n’est plus un luxe : c’est une urgence sociale. La Solidarité des Étudiants de la Chefferie Ntambuka veut ouvrir le débat.
À Bukavu, les guerres ne se mesurent pas seulement au nombre de déplacés, de victimes ou d’entreprises fragilisées. Elles s’infiltrent aussi dans les esprits, bouleversent les projets et rendent l’avenir incertain. C’est dans ce contexte que la Solidarité des Étudiants de la Chefferie Ntambuka (S.E.C.N-TA) organise, le dimanche 16 août 2026, une conférence consacrée aux « défis psychosociaux et entrepreneuriaux dans un État de conflits armés ». Une initiative qui rappelle qu’au-delà des armes, les conflits détruisent aussi la confiance, les ambitions et les équilibres familiaux.
Le premier intervenant, Karol MUGABO A., membre et étudiant, placera le débat sur un terrain essentiel : celui de la santé dans sa globalité, entendue comme un bien-être physique, social et mental. Dans une société sous tension, cette approche est fondamentale. Car soigner les blessures visibles sans écouter les traumatismes invisibles reviendrait à reconstruire les murs d’une maison dont les fondations seraient toujours fissurées.
CUMA HABARI Benjamin, membre et Doc4 de l’Université Officielle de Bukavu, s’intéressera quant à lui aux conséquences des conflits armés sur la santé mentale et financière des populations. Deux dimensions que l’on dissocie trop souvent. Pourtant, lorsqu’une famille perd ses revenus, qu’un jeune abandonne son projet ou qu’un petit commerce s’effondre, la détresse économique peut devenir une détresse psychologique. À Bukavu, la crise n’est donc pas seulement sécuritaire : elle est aussi sociale et économique.
Avec OLAME KAVUVU Michée, psychologue clinicien au CMC Sainte Elisabeth, la discussion s’attaquera directement aux défis psychosociaux liés à l’entrepreneuriat des jeunes dans un contexte de conflits armés à Bukavu. Son regard permettra de comprendre comment peur, stress, incertitude et précarité peuvent freiner l’initiative d’une génération pourtant appelée à porter l’économie de demain. La modération sera assurée par ASHUZA WANGU Elvine, membre et étudiante en Bac 2 Médecine, qui aura la responsabilité de conduire ces échanges entre santé, psychologie, économie et jeunesse.
Cette conférence, prévue à partir de 12 heures à l’Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu, avec entrée gratuite, arrive donc à un moment où la ville a besoin de plus que de discours sur la résilience. Elle a besoin d’espaces pour écouter, comprendre et agir. En donnant la parole aux étudiants, au monde médical et psychologique, la S.E.C.N-TA pose une question qui dépasse les murs de la salle : comment demander à une jeunesse de construire son avenir lorsque la guerre lui apprend chaque jour à survivre ? La réponse ne pourra être durable que si la paix, la santé mentale et l’autonomisation économique avancent enfin ensemble.
Éditeur- Voix du Paysan.
Bukavu : quand la guerre met aussi à l’épreuve l’esprit et l’avenir des jeunes