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Fleuve Congo : Greenpeace alerte, quand le plastique vide les filets des pêcheurs

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Dans une alerte consacrée à la pollution plastique du Fleuve Congo, Greenpeace met en lumière une réalité de plus en plus préoccupante : les pêcheurs remontent désormais des quantités importantes de déchets plastiques dans leurs filets, au détriment des ressources halieutiques. Pour Greenpeace, cette pollution constitue une menace à la fois pour la biodiversité, l’économie locale et les communautés qui dépendent du fleuve.

Le témoignage recueilli par Greenpeace auprès de Jilby Mwanufioti, après quarante années passées à pêcher, résonne comme un avertissement : « Avant, je pêchais des gros poissons, mais les poissons ont fui à cause du plastique. » Derrière cette phrase se dessine, selon l’alerte de Greenpeace, une réalité que l’on ne peut plus banaliser. Le Fleuve Congo, immense artère vitale de la République démocratique du Congo, est confronté à une accumulation de déchets. Là où les filets devraient ramener du poisson, ils ramènent aussi des bouteilles, sachets et emballages plastiques. Lorsque Charles Moluwa rapporte à Greenpeace qu’il récupère près de 150 kg de plastique par semaine dans ses filets, le chiffre illustre l’ampleur du problème signalé par l’organisation.

Pour Greenpeace, cette situation transforme les pêcheurs en nettoyeurs involontaires d’une pollution qu’ils ne sont pas responsables d’avoir créée. Ils consacrent du temps et des efforts à retirer les déchets de leurs filets, alors que leur activité est déjà confrontée à la pression exercée sur les ressources halieutiques. L’alerte de Greenpeace souligne ainsi que la pollution plastique ne concerne pas uniquement la qualité de l’eau : elle touche également les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et les communautés qui vivent du fleuve.

Greenpeace rappelle toutefois que le recyclage, à lui seul, ne saurait constituer une réponse suffisante. Ramasser 150 kg de plastique dans un filet est utile, mais cela ne répond pas à la question centrale soulevée par l’organisation : pourquoi produit-on, utilise-t-on puis abandonne-t-on autant de plastique à usage unique ? Pour Greenpeace, la réponse doit également se situer en amont : réduire les plastiques inutiles, favoriser le réemploi, améliorer la collecte et le traitement des déchets et renforcer la responsabilité des producteurs dans la gestion de leurs emballages.

Dans son approche, Greenpeace met également en avant la nécessité de transformer la crise du plastique en opportunité pour développer des solutions locales. La structuration de filières de collecte et de recyclage, l’implication des communautés riveraines dans la protection des cours d’eau et l’éducation environnementale dans les écoles peuvent contribuer à réduire la pression exercée sur les écosystèmes. L’alerte de Greenpeace interpelle ainsi les autorités, les entreprises et les citoyens sur leurs responsabilités respectives dans la gestion des déchets.

Le message porté par Greenpeace autour du Fleuve Congo dépasse donc la seule question des déchets visibles à la surface de l’eau. Le fleuve nourrit, transporte, irrigue, rassemble et fait vivre des millions de personnes. Pour Greenpeace, laisser les déchets plastiques continuer à s’y accumuler revient à menacer progressivement un écosystème essentiel et les populations qui en dépendent. Agir à la source devient dès lors indispensable : réduire les déchets, mieux consommer, réemployer, récupérer et responsabiliser les différents acteurs. Car lorsque les pêcheurs commencent à remonter davantage de plastique que de poissons, l’alerte lancée par Greenpeace mérite d’être entendue.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur – Voix du Paysan

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