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Quand le prix de la connexion grimpe, c’est toute une jeunesse qui se retrouve mise hors ligne.
Le Congolais avait déjà appris à compter ses francs avant de cliquer sur « acheter un forfait ». Désormais, il lui faut presque un chronomètre pour regarder disparaître son précieux gigaoctet. À 1 500 FC les 1 GB pour 24 heures, la connexion Internet devient, pour beaucoup, un luxe à consommation éclair. Le paradoxe prête à sourire : on pouvait dire « oui » au changement de la Constitution, mais personne n’avait signé pour changer la Constitution… des tarifs téléphoniques.
Derrière la plaisanterie, pourtant, se cache une vraie colère sociale. Pour les étudiants, les petits entrepreneurs, les journalistes, les activistes et les jeunes qui vivent largement du numérique, Internet n’est plus un confort : c’est un outil de travail, d’apprentissage, d’information et parfois de survie économique. Quand les mégabits coûtent trop cher, ce sont des opportunités qui s’évaporent. Le gigaoctet ne disparaît donc pas seulement d’un téléphone : il disparaît aussi d’un budget déjà étranglé.
Les opérateurs de télécommunications ne peuvent ignorer cette frustration qui monte. Dans un pays où le pouvoir d’achat demeure fragile, chaque hausse ou réduction de volume est vécue comme une nouvelle ponction. L’heure n’est plus aux forfaits qui fondent comme neige au soleil, ni aux offres dont les conditions semblent écrites en petits caractères. Les consommateurs demandent simplement de pouvoir rester connectés sans devoir choisir entre un peu d’Internet et un peu de nourriture.
La RDC rêve d’une économie numérique, d’une jeunesse innovante et d’une administration connectée. Mais il n’y aura pas de révolution digitale avec une connexion réservée à ceux qui peuvent se l’offrir. Les télécommunications doivent comprendre que leur avenir commercial passe aussi par l’accessibilité. Le Congolais ne demande pas Internet gratuit ; il demande un Internet qui ne vide pas son portefeuille en 24 heures. Et, cette fois, le message est sans ambiguïté : bozongisela biso ba tarifs ya kala !
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan
En RDC, le Giga-octet de la colère