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RDC/ la société civile : le référendum peut attendre, la paix ne peut plus attendre

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À Kinshasa, la société civile veut transformer le renvoi de la loi référendaire en tournant politique : abandon du texte, dialogue national et retour aux priorités du peuple.

Le renvoi au Parlement de la loi fixant les conditions d’organisation du référendum constitue, pour la société civile, une occasion de remettre l’essentiel au centre du débat : la paix. La société civile signataire du communiqué du 14 août estime que ce geste présidentiel ne doit pas être un simple sursis, mais le prélude à l’abandon définitif d’un texte qui cristallise déjà les méfiances et les divisions. Dans un pays meurtri par la guerre et l’insécurité, la société civile rappelle que l’urgence n’est pas de convoquer les urnes pour une réforme constitutionnelle, mais de rendre au peuple les conditions de vivre, de circuler et d’espérer.

Pour la société civile, les réserves émises par la Cour constitutionnelle sur treize des quarante-quatre articles de la loi auraient dû suffire à alerter les institutions. Mais au-delà du droit, c’est le climat politique qui inquiète : lorsque la suspicion devient la règle et la confiance l’exception, toucher aux fondations institutionnelles revient à jouer avec une maison déjà fragilisée. La société civile demande donc au Parlement de ne pas transformer la session de septembre en nouvel épisode de confrontation, mais de la consacrer à la paix, à la réunification du territoire, à la protection des populations et à la préparation des prochaines élections.

Le message de la société civile vise aussi directement la présidence : le pouvoir, rappelle-t-elle, ne devrait pas confondre ce qui est juridiquement possible avec ce qui est politiquement opportun. La RDC a besoin d’un dialogue national véritablement inclusif, capable de reconstruire la confiance et de dégager un consensus sur les réformes indispensables, notamment électorales. Pour la société civile, ce dialogue ne doit être ni une mise en scène ni une négociation entre appareils politiques, mais un espace où la Nation retrouve le goût du compromis.

Au fond, la société civile pose une question qui dépasse la seule loi référendaire : que veut réellement le peuple congolais aujourd’hui ? La réponse, selon les organisations signataires, ne se trouve ni dans une bataille institutionnelle ni dans un nouveau référendum, mais dans la paix, la sécurité et des élections crédibles. À la société civile, le mérite revient au moins de rappeler une évidence que les palais politiques oublient parfois : une Constitution peut organiser le pouvoir, mais elle ne remplace jamais la paix. Et en RDC, c’est précisément la paix qui doit redevenir la première urgence.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur – Voix du Paysan

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