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Beni : « Nous voulons rentrer chez nous » — le cri étouffé d’un peuple que la guerre déracine

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Chassés de leurs forêts par la violence, les peuples autochtones pygmées de Beni ne demandent ni privilèges ni assistance permanente : ils réclament simplement le droit de retrouver leur terre, leur dignité et leur mode de vie.

La guerre ne se contente pas de tuer. Elle arrache aussi les peuples à leurs racines. Dans le territoire de Beni, les communautés autochtones pygmées, contraintes de fuir leurs milieux naturels sous la menace des groupes armés, vivent aujourd’hui dans des espaces périurbains où elles peinent à retrouver leurs repères. Loin de la forêt, leurs savoirs, leurs habitudes et leur autonomie s’effritent au quotidien.

Ce vendredi 14 août, leur cri est revenu, brut et sans détour : « Nous avons besoin de retourner chez nous. » Derrière cette phrase se cache une détresse profonde. Pour ces communautés, la forêt n’est pas seulement un lieu d’habitation ; elle est une terre de vie, de mémoire, de culture et de subsistance. Les contraindre à vivre durablement ailleurs, c’est leur demander de survivre dans un monde qui n’a pas été construit pour eux.

Il serait pourtant dangereux de réduire leur souffrance à une simple question humanitaire. Leur déplacement est aussi une tragédie culturelle et environnementale. Lorsque la violence vide les forêts de leurs habitants traditionnels, elle détruit des communautés déjà vulnérables et fragilise un patrimoine ancestral fondé sur une connaissance intime de la nature. Les peuples autochtones ne devraient pas être condamnés à choisir entre l’exil et l’insécurité.

À Beni, leur cri devrait donc résonner bien au-delà des camps et des quartiers périphériques. « Nous voulons rentrer chez nous » n’est pas seulement une demande de retour : c’est une revendication de paix, de sécurité et de dignité. Tant que les armes imposeront leur loi dans leurs terres ancestrales, le déplacement restera une blessure ouverte. Rendre à ces peuples la possibilité de retrouver leur forêt, c’est aussi rendre à la République une part de son devoir : protéger ceux dont la terre, la culture et l’existence sont menacées.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

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