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Kasumbalesa : quand rentrer chez soi devient un pari avec la mort

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

À Kasumbalesa, l’insécurité s’invite jusque devant les portes des familles. La mort de Thomas Muya, abattu samedi soir par des présumés bandits armés, rappelle brutalement que l’obscurité ne doit pas devenir le territoire des criminels.

À 20 heures, Thomas Muya ne rentrait pas d’une guerre. Il rentrait simplement chez lui. Changeur de monnaie, il venait d’arriver devant le portail de sa parcelle lorsque des balles ont fauché sa vie. Atteint sous l’épaule gauche, près de la poitrine, ce jeune homme est devenu une nouvelle victime d’une violence qui banalise dangereusement la mort dans les rues de Kasumbalesa. Derrière ce nom, ce n’est pas seulement une famille qui pleure : c’est une ville qui s’interroge.

Le drame est d’autant plus révoltant que l’espace censé être le dernier refuge — le seuil de sa propre maison — n’a pas suffi à le protéger. Quand un citoyen ne peut plus rentrer chez lui sans craindre une arme, c’est le contrat social lui-même qui vacille. Kasumbalesa, ville stratégique et carrefour économique, ne peut accepter que ses nuits soient livrées aux hommes armés et que les familles apprennent à vivre avec la peur comme voisine.

Il faut désormais plus que des condamnations de circonstance. Il faut identifier les auteurs, les traduire devant la justice et renforcer durablement la sécurité des habitants. Une ville ne se mesure pas seulement à l’intensité de son commerce, mais à la capacité de protéger ceux qui y vivent et y travaillent. La mort de Thomas Muya ne doit pas être une statistique de plus : elle doit réveiller les autorités et rappeler une évidence trop souvent oubliée — la vie d’un citoyen vaut plus que le silence d’une nuit.

La Rédaction

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