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RDC : sur le fleuve Congo, le naufrage de trop

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Six morts, 31 rescapés et des disparus : près de Kisangani, le drame de Linoko rappelle brutalement la fragilité du transport fluvial congolais.

Le fleuve Congo ne pardonne pas l’improvisation. Jeudi soir, à hauteur du village de Linoko, une baleinière a sombré, emportant au moins six vies, tandis que 31 passagers ont pu être secourus. Derrière ces chiffres froids se cachent des familles désormais suspendues à l’espoir, alors que les recherches se poursuivent pour retrouver les disparus. Une fois encore, le fleuve, artère vitale de la République démocratique du Congo, se transforme en tombeau.

Mais au-delà de l’émotion et des opérations de secours, une question demeure : combien de naufrages faudra-t-il encore avant que la sécurité du transport fluvial devienne une véritable priorité publique ? Dans un pays où le fleuve et ses affluents constituent parfois les seules voies de communication accessibles, embarcations surchargées, vétusté du matériel, insuffisance des contrôles et faiblesse des dispositifs de secours ne devraient plus être considérées comme une fatalité. La vie d’un passager ne peut être le prix ordinaire de la mobilité.

Linoko ne doit donc pas devenir un simple nom de plus dans la longue liste des tragédies fluviales congolaises. Le temps est venu de regarder le fleuve non seulement comme une route économique, mais comme un espace qui exige des règles, des moyens et une surveillance à la hauteur de son importance. Chaque disparu appelle une responsabilité ; chaque rescapé, une réforme. Si le Congo veut réellement tourner la page des naufrages répétitifs, il devra enfin faire de la sécurité fluviale une urgence nationale, et non une promesse renouvelée après chaque drame.

La Rédaction

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