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Dans la Tshopo, la riposte contre Ebola se dote enfin de moyens de mobilité à la hauteur de l’urgence. Mais derrière les véhicules et les motos, c’est la capacité de l’État à atteindre chaque communauté qui se joue.
La lutte contre Ebola ne se gagne pas seulement dans les laboratoires, les centres de traitement ou les salles de réunion. Elle se gagne aussi sur les routes défoncées, les sentiers poussiéreux et jusque dans les villages les plus enclavés. La remise de trois ambulances et de vingt motos aux équipes d’intervention de la Tshopo constitue, à ce titre, bien davantage qu’une simple dotation logistique. Elle traduit une évidence longtemps répétée : une alerte qui arrive trop tard peut devenir une tragédie. En donnant davantage de mobilité aux équipes chargées de rechercher les alertes, d’enquêter et de suivre les cas, le gouvernement tente de réduire cette dangereuse distance entre l’épidémie et la réponse.
Dans une province où l’immensité géographique peut transformer quelques kilomètres en heures, voire en journées de déplacement, chaque ambulance et chaque moto devient un instrument de santé publique. Une moto qui atteint rapidement une communauté peut permettre d’identifier un cas suspect ; une ambulance qui arrive à temps peut sauver une vie ; une équipe capable de se déplacer rapidement peut empêcher une chaîne de transmission de s’enraciner. La riposte doit aller plus vite que le virus. C’est là toute la bataille. Ebola exploite les lenteurs administratives, l’isolement des villages, les rumeurs et la peur. L’État, lui, doit opposer la proximité, la rapidité, la confiance et la science.

Mais il serait illusoire de croire que la logistique suffira. Une riposte efficace ne se mesure pas uniquement au nombre d’ambulances alignées ou de motos distribuées. Elle se mesure à la capacité des agents à être présents durablement auprès des populations, à écouter leurs inquiétudes, à combattre les fausses informations et à garantir une prise en charge digne des malades. La confiance est le carburant invisible de toute réponse épidémique. Sans elle, même la meilleure flotte d’intervention restera immobilisée par la méfiance. Avec elle, les communautés peuvent devenir les premières sentinelles contre la maladie.
La Tshopo reçoit donc des moyens, mais surtout une responsabilité : transformer ces équipements en vies sauvées. Le gouvernement, l’INSP et la DPS Tshopo devront veiller à leur utilisation effective, à leur entretien et à leur répartition selon les besoins réels du terrain. Car face à Ebola, il n’existe pas de victoire administrative, seulement des vies préservées ou perdues. Dans cette course silencieuse contre le virus, les trois ambulances et les vingt motos ne sont pas une fin en soi. Elles sont les roues d’une promesse plus grande : celle d’un État capable de ne pas abandonner ses citoyens au bout de la route.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan