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Fungurume face à une bombe sanitaire silencieuse : un site de déchets installé à quelques mètres des habitations menace la santé publique et les droits des enfants au quartier Mwelapande

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Dans la commune de Fungurume, la gestion des déchets domestiques suscite une vive inquiétude au sein de la population du quartier Mwelapande, bloc Mano-Mapya. Dans un communiqué rendu public le 10 mars 2026, l’ONG Action pour le Développement Intégral et Durable (ADID) alerte sur l’installation d’un site de dépôt de déchets à seulement 50 à 100 mètres des habitations, une proximité jugée extrêmement dangereuse pour la santé publique et l’environnement. Selon les témoignages recueillis auprès des habitants et confirmés par les investigations de l’organisation, les riverains vivent quotidiennement dans un environnement marqué par des odeurs nauséabondes, la prolifération des mouches, moustiques et autres vecteurs de maladies. Cette situation, qui transforme progressivement le quartier en zone insalubre, dégrade considérablement les conditions de vie et expose la population à un risque accru de maladies infectieuses. Dans une ville où les autorités perçoivent pourtant des redevances pour la gestion des déchets, cette décharge non contrôlée illustre les limites d’un système de collecte et de traitement des ordures qui peine à répondre aux exigences minimales de salubrité et de protection environnementale.

Des gaz toxiques et un danger sanitaire permanent pour les habitants

Au-delà des nuisances visibles, la décomposition des déchets organiques génère également des gaz nocifs susceptibles de représenter un danger invisible mais réel pour la population. Dans les décharges non contrôlées, les processus de fermentation et de dégradation produisent notamment du méthane, du sulfure d’hydrogène et de l’ammoniac, des substances connues pour dégrader la qualité de l’air et provoquer des troubles respiratoires, des maux de tête ou encore des irritations. Dans certains cas, l’accumulation de ces gaz peut même entraîner des risques d’incendie ou d’explosion. Les normes internationales de gestion environnementale, notamment celles liées au système de management environnemental ISO 14001, recommandent pourtant des mesures strictes afin de prévenir les impacts négatifs des activités humaines sur la santé et l’environnement. Les bonnes pratiques internationales prévoient également l’établissement d’une zone tampon d’au moins 500 mètres entre les sites de dépôt de déchets et les zones d’habitation. À Fungurume, la distance actuelle est très loin de ces standards, exposant les riverains à des risques sanitaires permanents dans un contexte déjà fragile sur le plan de la santé publique.

Des enfants exposés aux déchets : une violation alarmante des droits fondamentaux

La situation devient encore plus préoccupante lorsqu’elle touche les enfants du quartier. Plusieurs témoignages indiquent que certains d’entre eux fréquentent régulièrement ce site de déchets pour récupérer des biscuits jetés, des restes alimentaires ou d’autres objets abandonnés. Une pratique extrêmement dangereuse qui les expose à des maladies graves comme le choléra, les infections respiratoires ou les troubles digestifs liés à la consommation d’aliments contaminés, sans compter les risques de blessures causées par des objets tranchants ou l’exposition à des substances toxiques. Pour l’ONG ADID, cette réalité constitue une atteinte grave aux droits fondamentaux des enfants, notamment le droit à la santé, à la protection et à un environnement sain, tels que reconnus par la Convention relative aux droits de l’enfant. Face à cette situation, l’organisation appelle les autorités locales à ordonner la délocalisation immédiate du site vers un emplacement conforme aux normes environnementales, à mettre en place un système transparent et efficace de gestion des déchets et à lancer une évaluation indépendante des impacts sanitaires et environnementaux. Pour les habitants de Fungurume, l’urgence n’est plus à la discussion mais à l’action, afin d’éviter qu’une crise sanitaire silencieuse ne s’installe durablement au cœur de la communauté.

La Rédaction

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