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BP change de cap : l’arrivée de Meg O’Neill, première femme à la tête d’un géant pétrolier, symbolise un renoncement assumé aux énergies renouvelables

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La nomination de Meg O’Neill à la tête de BP marque un tournant historique et stratégique pour l’un des plus grands groupes pétroliers mondiaux. Première femme à diriger une entreprise figurant parmi les cinq géants du pétrole, elle hérite toutefois d’un groupe fragilisé, en perte de repères stratégiques face à des concurrents comme ExxonMobil et Shell. Cette arrivée intervient dans un contexte de crise managériale, après la démission avec effet immédiat de Murray Auchincloss, en poste depuis 2024, lui-même successeur de Bernard Looney, dont le départ surprise avait déjà ébranlé la gouvernance du groupe. Ces changements successifs ont illustré les difficultés de BP à maintenir une vision cohérente, notamment sur la transition énergétique. Avec Meg O’Neill, BP opte clairement pour une rupture : moins de renouvelables, plus d’hydrocarbures, dans l’espoir de restaurer sa rentabilité et la confiance des investisseurs.

Un profil international aguerri pour rassurer les marchés et les actionnaires.

Âgée de 55 ans et originaire du Colorado, Meg O’Neill dispose d’un parcours solidement ancré dans l’industrie pétrolière traditionnelle. Elle a débuté sa carrière chez ExxonMobil, où elle a occupé pendant plusieurs décennies des fonctions techniques, opérationnelles et de direction dans plusieurs pays, avant de devenir vice-présidente chargée de l’Afrique depuis le siège de Houston. En 2018, elle rejoint Woodside Energy, en Australie, dont elle prendra la direction générale, devenant ainsi l’une des rares femmes à diriger une entreprise du prestigieux ASX20. Sous sa conduite, Woodside est devenue la plus grande capitalisation boursière énergétique du pays, renforçant son image de dirigeante efficace, pragmatique et orientée vers la performance financière. Ce profil rassure aujourd’hui les marchés et explique en grande partie le choix de BP, qui mise sur son expérience pour stabiliser l’entreprise et répondre aux attentes pressantes de ses actionnaires.

Un virage stratégique radical : BP tourne le dos aux renouvelables pour revenir aux hydrocarbures

La mission confiée à Meg O’Neill est claire mais controversée : céder pour près de 20 milliards de dollars d’actifs liés aux énergies renouvelables au cours des deux prochaines années afin de réduire la dette, baisser les coûts et recentrer BP sur le pétrole et le gaz. Ce virage à 180 degrés répond notamment à la pression du fonds d’investissement américain Elliott, récemment entré au capital et partisan d’une stratégie plus offensive en matière de rentabilité. Le nouveau président de BP, Albert Manifold, a insisté sur la nécessité d’une « rigueur accrue » pour maximiser la valeur pour les actionnaires et bâtir une entreprise « plus simple, plus agile et plus rentable ». Cette réorientation intervient alors que BP a annoncé, en août dernier, sa plus grande découverte pétrolière depuis vingt-cinq ans, au large du Brésil, déjà la dixième de l’année 2025. Autant de signaux qui confirment que, sous la direction de Meg O’Neill, BP fait le choix assumé de privilégier les hydrocarbures, quitte à s’éloigner des ambitions climatiques qui avaient pourtant façonné son discours ces dernières années.

La Rédaction

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