×
Logo en chargement
CHARGEMENT...

Sud-Kivu abandonné dans la tourmente : douze mouvements citoyens brisent le silence et accusent les élus nationaux de trahison politique face à la souffrance d’un peuple livré à lui-même

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

« Le peuple se meurt pendant que ses représentants se taisent » : la colère citoyenne éclate contre les 32 députés du Sud-Kivu

Dans un communiqué d’une rare virulence politique, douze mouvements citoyens du Sud-Kivu, parmi lesquels la LUCHA, FILIMBI et Front Citoyen, ont lancé une interpellation publique musclée contre les 32 députés nationaux élus de la province, accusés d’avoir abandonné leur peuple au moment où celui-ci traverse l’une des plus graves crises de son histoire récente. Dans un contexte marqué par la présence de l’AFC/M23 dans plusieurs zones du Sud-Kivu, la fermeture des frontières, l’effondrement de l’économie locale, la paralysie du système bancaire et l’aggravation de la crise humanitaire, ces mouvements dénoncent ce qu’ils qualifient de « désertion civique » des élus nationaux réfugiés dans le confort politique de Kinshasa pendant que Bukavu et les territoires environnants sombrent dans la précarité.

Pour ces activistes, le silence prolongé des députés face à la souffrance collective constitue non seulement une faute morale, mais également une complicité politique. Ils rappellent que le mandat parlementaire n’est pas un privilège destiné à garantir des avantages personnels, mais une responsabilité historique consistant à défendre les intérêts vitaux de la population, particulièrement en période de guerre, d’insécurité et d’effondrement institutionnel.

Crise sécuritaire, débat constitutionnel et soupçons de dérive autoritaire : les mouvements citoyens dénoncent une manipulation politique dangereuse

Au-delà de la situation humanitaire dramatique, les mouvements citoyens s’attaquent également au débat national autour d’un éventuel changement ou d’une révision de la Constitution porté par le président Félix Tshisekedi.

Selon eux, vouloir engager un processus constitutionnel dans un pays où l’intégrité territoriale reste fragilisée par la guerre constitue une manœuvre politique dangereuse destinée à détourner l’attention des véritables priorités nationales. Le communiqué accuse certains responsables politiques d’utiliser la guerre à l’Est comme prétexte pour préparer un prolongement du pouvoir ou ouvrir la voie à un troisième mandat déguisé, au mépris des principes démocratiques et des souffrances des populations déplacées. Les mouvements citoyens estiment qu’il est moralement inacceptable de modifier les règles fondamentales de la République alors que des millions de Congolais vivent dans la peur, la pauvreté et l’incertitude.

Ils regrettent également le mutisme des députés nationaux face à ces enjeux majeurs, affirmant que beaucoup auraient troqué leur mission de contrôle parlementaire contre des intérêts politiques et matériels personnels. Pour ces organisations, la crise actuelle révèle une profonde fracture entre les institutions et les réalités vécues par les citoyens de l’Est du pays, abandonnés dans une guerre qui détruit progressivement la dignité humaine, l’espoir de la jeunesse et la cohésion nationale.

Pour sauver la dignité du Sud-Kivu : les mouvements citoyens exigent redevabilité, proximité avec la population et contrôle réel du pouvoir

Face à cette situation explosive, les douze mouvements citoyens appellent à une refondation urgente de la responsabilité politique au Sud-Kivu. Ils exigent des députés nationaux une prise de position publique claire contre toute initiative politique susceptible d’aggraver les tensions nationales, mais surtout un contrôle parlementaire rigoureux et indépendant sur la gestion sécuritaire, humanitaire et économique de la crise dans l’Est du pays. Parmi les propositions concrètes avancées figurent l’organisation régulière de séances publiques de redevabilité entre élus et citoyens, la publication transparente des fonds destinés aux provinces affectées par la guerre, la création d’un mécanisme indépendant de suivi des aides humanitaires ainsi que l’élaboration d’un véritable plan d’urgence économique pour soutenir les commerçants, les jeunes sans emploi, les déplacés et les familles vulnérables.

Les mouvements plaident également pour le retour effectif des élus sur le terrain afin qu’ils puissent écouter les communautés meurtries, documenter les violations des droits humains et porter avec courage les revendications populaires au Parlement national. Dans un ton profondément militant et engagé pour la justice sociale, les signataires avertissent que la patience du peuple a des limites et que l’histoire retiendra le comportement de chaque responsable politique durant cette période sombre.

Leur message est sans ambiguïté : le Sud-Kivu refuse désormais d’être réduit au silence, instrumentalisé politiquement ou sacrifié sur l’autel des intérêts personnels, alors que la population réclame avant tout la paix, la dignité humaine, la vérité et la justice.

La Rédaction

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

×