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À l’approche de la fin du mandat de Félix Tshisekedi, le discours appelant au renouvellement du pouvoir réveille une question aussi vieille que la démocratie : que faire lorsque le peuple estime que le temps politique est arrivé à son terme ?
« Butamu ina pita… », le pouvoir passe. En quelques mots, Jean-Claude Katende rappelle une évidence que les palais présidentiels oublient parfois : aucune fonction politique n’est une propriété privée. Le fauteuil présidentiel n’appartient ni à celui qui l’occupe ni à son entourage ; il appartient, en dernier ressort, au peuple congolais. Dans une République qui aspire à consolider ses institutions, la fin d’un mandat ne devrait donc pas être perçue comme une menace, mais comme l’épreuve normale de l’alternance et de la démocratie.
Mais en RDC, l’échéance présidentielle reste chargée de passions, de soupçons et de blessures politiques. Interpeller Félix Tshisekedi sur la fin de son mandat, c’est aussi rappeler que la légitimité démocratique se nourrit du respect des règles, des échéances et de la volonté populaire. Le pouvoir qui accepte de partir lorsqu’il le faut ne s’affaiblit pas : il grandit. À l’inverse, celui qui s’accroche au fauteuil risque de transformer une institution en crise et une alternance ordinaire en affrontement national.
La véritable question n’est donc pas seulement de savoir qui occupera le fauteuil demain, mais si la RDC sera capable de faire vivre une culture où le pouvoir se gagne, s’exerce et se transmet dans le respect des règles. Le Congo n’a pas besoin de dirigeants éternels ; il a besoin d’institutions suffisamment fortes pour survivre aux hommes. À l’heure où la population attend surtout la paix, la sécurité, le pouvoir d’achat et la justice, le débat sur la succession doit rester une affaire de droit, de suffrage et de responsabilité.
Car une République commence véritablement lorsque ses dirigeants comprennent que le pouvoir passe, mais que la nation demeure. Félix Tshisekedi, comme ceux qui l’ont précédé et ceux qui lui succéderont, n’est qu’un locataire de l’histoire congolaise. Lorsque l’horloge constitutionnelle sonne, le courage politique ne consiste pas à retenir les aiguilles : il consiste à accepter de regarder l’heure en face. Et cette heure, plus que jamais, appartient au peuple.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan