Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.
À Kinshasa, la rentrée parlementaire s’annonce électrique. Entre l’ouverture de la session budgétaire et le sit-in annoncé de l’opposition, le Palais du Peuple risque de devenir, ce 15 septembre, le théâtre d’une nouvelle épreuve de force politique.
Le calendrier institutionnel n’attend pas les querelles politiques. Ce mardi 15 septembre, l’Assemblée nationale doit ouvrir sa session ordinaire consacrée notamment à l’examen du projet de loi de finances. Quarante jours pour examiner, débattre et adopter le budget : le compte à rebours est lancé. Mais derrière les chiffres et les lignes budgétaires se joue une question autrement plus lourde : quelle place la République entend-elle accorder à ses priorités ?
Car un budget n’est jamais un simple tableau comptable. Il traduit des choix politiques. Dans une République confrontée aux urgences sécuritaires, sociales, sanitaires et environnementales, les députés sont attendus sur leur capacité à défendre l’intérêt général plutôt qu’à transformer l’hémicycle en prolongement des affrontements partisans. Les crédits destinés à la CENI seront notamment scrutés, tant ils conditionnent la poursuite du processus électoral.
Mais voilà que la rue et le Parlement pourraient se retrouver face à face. Le sit-in annoncé par la C64 au même endroit fait planer le spectre de la confrontation. Dans ce contexte, maintenir la plénière sans garantir un cadre apaisé interroge. L’opposition doit pouvoir exprimer ses revendications sans violence ; la majorité et le bureau de l’Assemblée doivent, eux aussi, démontrer qu’une institution démocratique ne gouverne ni par la provocation ni par la peur.
Le Palais du Peuple ne devrait pas devenir une arène. Il devrait être le lieu où les divergences se transforment en débat, où les désaccords produisent des décisions et où le pouvoir accepte la contradiction. La RDC n’a pas besoin d’une nouvelle journée de tensions politiques. Elle a besoin d’un Parlement à la hauteur de ses responsabilités : un Parlement qui vote un budget crédible, protège l’espace démocratique et prépare l’avenir électoral sans sacrifier la paix civile sur l’autel des rivalités politiques.
La Rédaction
RDC : au Palais du Peuple, le budget ne doit pas devenir l’otage de la tension politique